Annales des Mines (1904, série 10, volume 6) [Image 303]

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REVUE DES ACCIDENTS D'APPAREILS A VAPEUR

REVUE DES ACCIDENTS D'APPAREILS A VAPEUR

du foyer s'est fragmentée en morceaux nombreux, projetés dans quatre directions. Tout indique que la première déchirure s'est produite dans la tôle /R de l'enveloppe du foyer. Cette tôle portait à sa base, le long de l'embouti qui la reliait à la plaque formant semelle inférieure, un long sillon de corrosion à la fois intérieur et extérieur, qui avait réduit l'épaisseur de 10 mm à 4 ou 5, localement même à 2 mm. Accident du 8 août 1897 à Neuvy-Pailloux . — Une fissure ancienne dans l'embouti, à la base de l'enveloppe de foyer, est également l'une des détériorations principales auxquelles a été rapportée l'explosion de Neuvy-Pailloux (1897). Un autre point faible se trouvait au raccordement de cette même enveloppe avec le corps cylindrique horizontal ; une fuite s'y était manifestée la veille de l'accident. L'explosion a porté à la fois sur l'enveloppe du foy r er et sur le corps cylindrique, tandis que le système intérieur, foyer et tubes à fumée, restait en place. Ainsi que nous l'avons déjà indiqué, cet accident n'a pas fait de victimes, personne ne se trouvant à proximité de l'appareil. La chaudière datait de 24 ans. Accident du 25 août 1886 à Nanteau. — C'est à ce même âge qu'une autre locomobile de la forme \— avait sauté d'une manière analogue, c'est-à-dire par fragmentation totale du corps cylindrique et de l'enveloppe du foyer, sur le territoire de Nanteau-sur-Essonne (Seineet-Marne), en 1886. Cette explosion, qui a causé deux morts, avait été d'une grande violence : les morceaux furent projetés jusqu'à 260 mètres. L'accident a été principalement rapporté à la corrosion et à la détérioration prolongée de la chaudière. Explosion du 27 avril 1903 à Chevrainvilliers. — L'explosion survenue en 1903 à Chevrainvilliers (Seineet-Marne) a consisté dans une fragmentation violente

de l'enveloppe du foyer, allant jusqu'à l'émiettement ; mais, bien que cet accident paraisse se rapporter, comme les précédents, à une détérioration de la pièce, les circonstances en sont moins certaines. Accident du 5 septembre 1895 à Chaudenay. — En 1895 est survenue, dans une exploitation agricole de Chaudenay la-Ville (Côte-d'Or), une rupture de foyer d'un caractère un peu différent. Elle a été le résultat de la corrosion, non des tôles, mais des er.tretoises qui reliaient le foyer à son enveloppe : d'un diamètre primitif de 18 mm, certaines d'entre elles n'en avaient plus que 6 ou 7 dans leur section la plus amincie. L'une des joues latérales de l'enveloppe se bomba en se déchirant sur 43 cm de hauteur, le long d'un de ses bords verticaux.

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Fatigue générale des tôles. — Explosion du 23 août 1902 à Gahard. — La corrosion n'est pas la seule cause de précarité : on voit de vieilles chaudières se fragmenter comme des appareils arrivés à leur limite extrême de fatigue, sans que les tôles montrent d'amincissements suffisants pour expliquer à eux seuls la catastrophe. C'est ainsi que la machine qui a donné lieu à l'accident de Gahard, déjà signalé ci-dessus pour la gravité de ses effets, datait d'environ 35 ans. C'était un bizarre engin, comprenant chaudière, moteur à vapeur et machine à battre groupés sur un même chariot. La fig. 21 en a montré l'aspect d'ensemble. La chaudière {plg. 22 et 23) se composait d'un corps horizontal de 67 cm de diamètre et 1,45 m de longueur, traversé de bout en bout par un tube-foyer intérieur et par quatre gros tubes à fumée en cuivre ; les gaz faisaient retour par ces tubes après avoir passé dans une boîte à feu extérieure. Le corps cylindrique était surmonté d'un dôme vertical de grand diamètre, 62 cm, dont la partie supérieure était formée par une pièce en fonte portant le cjdindre moteur ; celui-ci