Annales des Mines (1900, série 9, volume 17) [Image 278]

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ÉTUDES SUR LES BASSINS HOUILLERS

écrivait, l'idée que la superposition pût avoir lieu par une faille ondulant autour d'une position horizontale. Il croyait donc Sainte-Barbe plus récent que Grand'Baume et l'assimilait au sj r stème de Champclauson. La différence de nombre, de composition et d'intervalles entre les couches des deux systèmes, n'est pas, en effet, un obstacle insurmontable : les couches de houille peuvent beaucoup varier à de faibles distances. Mais la véritable difficulté stratigraphique, c'est que le système de Sainte-Barbe ravine celui de la Grand'Combe, tandis que Champclauson le surmonte partout en parfaite concordance. Même en supposant que la faille du col Malpertus soit contemporaine du dépôt, idée que Callon repousse avec raison, une si brusque et si complète différence de régime est tout à fait inadmissible. On peut même s'étonner que Callon n'ait pas été frappé de cette objection. La difficulté disparaît, si, comme je l'ai montré, Sainte-Barbe est superposé à la Grand'Combe mécaniquement par charriage. La discordance alors n'a rien que de très naturel. Mais elle ne peut plus trancher la question d'âge relatif . Sans doute, en général, les charriages ont pour résultat de superposer des couches plus anciennes à des couches plus récentes; mais il peut en être autrement, et j'ai eu même l'occasion plus haut, à propos de Bessèges, d'étudier le mécanisme possible de cette interversion apparente des phénomènes. Si cela était, toutes nos conclusions précédentes pourraient laisser subsister la solution de Callon ; Sainte-Barbe pourrait être assimilable à Champclauson, et le fait même du charriage diminuerait la valeur de l'objection tirée de la différence de composition, les deux systèmes de couches ayant été primitivement séparés par un plus long intervalle qu'elles ne le sont actuellement. Il n'y a pas d'impossibilité ; mais, il ne faut pas l'oublier non plus, avec le nouveau point de vue, la seule

BASSIN HOUILLER DU GARD

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raison qu'avait Callon pour admettre le rapprochement disparaît. Et, de plus, intervient alors le lambeau de brèches de la route du puits du Pontil ; le lambeau semble montrer que Sans-Nom est très rapproché de la base du terrain houiller, et par conséquent relativement ancien. Là encore l'argument n'est pas tout à fait topique : la brèche peut être séparée de Sans-Nom par une nouvelle faille de glissement, dont on ne connaît pas l'amplitude, et par conséquent Sans-Nom peut être beaucoup plus récent qu'il ne paraît. C'est là qu'il faut arrêter la discussion stratigraphique ; elle montre que le système de Sainte-Barbe est certainement superposé à celui de la Grand'Combe ; elle montre qu'il est probablement plus ancien; mais elle ne peut aller au delà; c'est alors qu'il faut faire intervenir la flore, dont l'examen tranche définitivement la question. Système inférieur de la Grand'Combe. — Couches du sondage Ricard. — Un sondage de près de 800 mètres a été fait à Ricard, à l'entrée du vallon do la Grand'Combe. Il a traversé, au-dessous de schistes fissiles et satinés à écailles de poissons, un puissant étage de 400 mètres de conglomérats et do roches micacés, très semblables à celles qui se développent au-dessus de Grand'Baume et enclavent le système de Champclauson. Au-dessous de ces roches, il a rencontré un nouvel étage productif et traversé deux grandes couches de houille anthraciteuse, l'une de 6, l'autre de 10 mètres, avec plusieurs barres de schistes. L'histoire du sondage Ricard est bien connue et vaut pourtant la peine d'être rappelée. La Compagnie de la Grand'Combe, sentant l'avenir du bassin étroitement lié à la solution de la question controversée, de l'âge relatif de Grand'Baume et de Sainte-Barbe, s'était décidée à l'éclaircir par des travaux de recherches. Depuis Callon,