Annales des Mines (1899, série 9, volume 15) [Image 34]

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MÉMOIRE SUR LES PHOSPHATES NOIRS DES PYRÉNÉES 61 60 MÉMOIRE SUR LES PHOSPHATES NOIRS DES PYRÉNÉES

prennent une puissance énorme et affleurent vers

(C

Supéry sur plus de 3 kilomètres, en reposant au Sud sur les calcaires dévoniens de Riverenert et supportant au Nord jusqu'au bord du Salat, en contact direct, les couches gréseuses et argileuses du trias ; ces schistes forment toute la masse des hauts coteaux d'Eychenne, élevés de plus de 900 mètres entre les vallons de Rivere-

riert et du Baup, et .vont se terminer sur les bords du Salat, à Monpla, en amont de Saint-Girons. » La conclusion de cette étude était que ces « schistes noirs » occupaient dans l'Ariège la place du terrain houiller. La présence des nodules n'était pas signalée.

A la fin de 1883, M. J. Roussel signalait dans ces schistes le Productus yiganteus, et M. le Prof. L. Lortet confirmait peu après, par une Note en date du 4 Août 1884,

que les schistes de Larbont appartenaient au houiller inférieur. Il traçait, à ce propos, dans un petit ouvrage devenu rare (*) un contour très exact du dévonien et du carbonifère, non seulement entre Saint-Girons et Foix, mais encore au Sud-Ouest de cette ville, entre SaintAntoine et Freychenet. Dans ce dernier bassin, M. Mussy

avait attribué au houiller des schistes noirs siltiriens, erreur qui, comme je l'ai signalé dès le début de ce Mémoire, est aisément explicable.

Les contacts entre dévonien et schistes carbonifères ont été, grâce à ces deux géologues, déterminés d'une manière à peu près complète, et je n'ai eu à relever, dans le travail de M. Roussel, que Ces différences d'ordre secondaire dans la forme de ces contacts. Ce sont ces contours, rectifiés sur le terrain, que je donne à la PI. Il, fig. 1, on j'ai figuré à l'échelle de

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les divers

affleurements dévoniens et carbonifères qui contiennent les phosphates. M. Roussel attribue les schistes carburés de Larbont, .ainsi que ceux d'Esplat, du Coch et du pic d'Eychenne l'Est, au carbonifère. On y trouve, dit-il, en abondance,

des Productus giganteus; des Spirifer, des Encrines, des Polypiers et quelquefois de la houille. « Vers Castelnau-Durban, ajoute M. Roussel, existent des schistes carburés et fossilifères, que M. Massy rapporte au carbonifère (j'ai, en effet, cité précédemment ce passage); mais, à Larbont, je les ai retrouvés sous

une couche de calcaire à Atrypa et à Spirifer; ils appartiennent donc au dévonien inférieur.

M. Roussel a été, on le voit, induit en erreur sur ce point par suite de la reproduction exacte du phénomène déjà signalé au Roc Manaudas et que je vais -signaler aussi à la mine de Las Cabesses, à savoir des intrusions lenticulaires de phosphate noir dans les anticlinaux et dans les fractures de la griotte. Voici maintenant une description rapide de la forme

qu'affectent les contacts du dévonien avec les terrains encaissants. Je donnerai ensuite la position du niveau phosphaté dans le périmètre considéré. J'ai dit déjà que, en thèse générale, le dévonien repose

par son bord Sud sur les schistes siluriens et est recouvert, sur son bord Nord, par des terrains secondaires ; trias et permien Pour la bande Saint-Girons-Foix ; trias seulement pour le bassin de Saint-Antoine.

-Dévonien de Saint-Girons à Foix.

Il forme une longue- bande de 26 kilomètres .de longueur, à partir du Salat, sur la rive gauche duquel il se prolonge encore pendant 2 à 3 kilomètres vers l'Ouest. De l'autre côté, à

l'Est, il s'arrête à 1.800 mètres environ avant d'arriver au village de Saint-Martin-de-Caralp. La largeur maxima

(*) J. ROUSSEL, le Dévonien et le Carbonifère de Larbont et de SaintAntoine, 1 vol. in-8°. Foix, Avril 1885,