Annales des Mines (1895, série 9, volume 7) [Image 292]

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576 LES SOURCES THERMALES DE NÉRIS ET D'ÉVAUX.

eaux de prendre un grand développement et le nombre des malades en 1891 n'est encore évalué qu'à 600. Néanmoins on songe actuellement à faire des installations nouvelles. Cette source a été simplement autorisée le 19 avril 1879 (*). GISEMENT.

Les sources thermales, dont on a trop souvent regardé l'origine comme mystérieuse et en relation avec des,

causes très profondes ou même. éruptives, sont, en réalité, lorsqu'on les examine mieux, en connexion directe

avec les accidents géologiques superficiels du pays, de même que leur minéralisation dépend de la nature des roches et des terrains voisins. Il en résulte, d'une part, que l'étude d'une source (aussi bien que celle d'un filon métallifère) ne peut se faire rationnellement sans étendre les investigations sur une région assez étendue et, d'autre part, que la présence d'une source thermale est souvent

un fait intéressant à considérer en géologie générale comme indice d'un accident mécanique du sol qui, sans elle,, aurait passé inaperçu. Nous commencerons donc par. une description d'ensemble de la région de Néris et d'ÉVaux, avant d'examiner

en détail le gisement de chacune de ces sources ('). A.

Géologie générale de la région.

Les deux sources de Néris et d'Évaux sont situées à 18

kilomètres l'une de l'autre, au voisinage presque

(). Elle a appartenu longtemps à la famille de la Roche-; Aymon, dont une vieille ruine, située à 1.500 mètres S.-0. porte le nom. la carte géologique en couleurs, dressée d'après nos propres observations, dont une partie encore inédite (Pl. XVIII), d'ÉVaux,

(**) -Voir

LES SOURCES THERMALES DE NÉRIS ET D'ÉVAUX. 577

immédiat d'une même profonde dépression dirigée N. 40°E.

qui, vers le sud, forme la vallée de la Tardes et, vers le nord, sans discontinuité, celle du Cher (*). Celle de Néris en est à 4',500, celle d'Evaux à 2 kilomètres, toutes deux à l'est et adossées, du côté est, à.de hauts plateaux

de gneiss qui, Par des pentes insensibles, s'élèvent de 400 à 500 mètres jusqu'à une longue crête de granite et de granulite également nord-est, allant de Montaigut vers Youx et Goutières, village près duquel elle atteint 804 mètres d'altitude. Cette crête forme la ligne de sépa-

ration des eaux entre le bassin du Cher et celui de l'Allier. En raison de cette disposition orographique du pays, il nous semble .très vraisemblable d'admettre que nos deux sources thermales ne sont pas autre chose que la réapparition au jour des eaux infiltrées par les plans de joint des feuillets ou les fissures de ce haut plateau gneissique. Une descente à 2 kilomètres de profondeur qui, sur un parcours horizontal de 15 à 20 kilomètres, ne suppose qu'une courbe très faible (Pl. XX, fig. 6), suffit à expliquer leur température ; et leur minéralisation, presque insignifiante, ne comprend que des éléments connus dans les gneiss et les granites de la région. La sortie au jour des eaux chaudes est, comme nous le verrons plus loin en détail, en relation directe avec des filons de quartz qui jouent le rôle de plans de drainage souterrains. Ces filons de quartz se trouvent être précisément dirigés à peu près perpendiculairement à la crête

de partage, c'est-à-dire suivant la ligne .de plus grande pente du plateau, N. 130°E. ; ils ont, particulièrement celui d'Évaux, une grande longueur, et l'on s'explique très bien que, par un phénomène dont les exemples sont V) Plus au nord, c'est encore sur cette même dépression

qu'on retrouve les sources thermales de Veaux, d'Argentière et des Trilliers, sur la vallée du Cher, en aval de Montluçon.