Annales des Mines (1893, série 9, volume 3) [Image 98]

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mais bien par l'action du chlorure de calcium ; la proportion du chlorophosphate formé était d'ailleurs beau. coup moindre que celle du fluophosphate produit par une solution, même plus étendue, de fluorure alcalin. On peut en conclure que l'affinité du phosphate de_chaux est beaucoup plus grande pour le fluorure que pour le chlorure.

Expérience n° 4.

ET OS FOSSILES.

OS MODERNES

Dans d'autres expériences j'ai

tenté d'employer, au lieu d'un fluorure alcalin facilement soluble dans l'eau, du spath fluor en poudre fine ; j'avais ajouté à l'eau distillée un peu de carbonate d'ammoniaque,

sel qui doit se former fréquemment auprès des os, par suite de décomposition de la matière organique, et qui peut aider à la dissolution d'une petite quantité de fluorure de calcium.

Les fragments d'os de lamantin étant placés dans un vase découvert avec du sable, 200 centimètres cubes d'eau distillée et 2 grammes de carbonate d'ammoniaque,

j'ai constaté que la teneur en fluor avait passé de 0,31 p. 100, au début, à 0,35 au bout d'un mois et à 0,43 au bout de 3 mois ; pendant ce temps, on avait eu soin d'agi-

ter fréquemment le liquide et il avait fallu, 'à plusieurs reprises, remettre de l'eau distillée pour remplacer celle. qui s'était évaporée. Il y avait eu, dans ces conditions, enrichissement notable de l'os en fluorure de calcium, malgré le peu de solubilité du spath fluor employé comme réactif. On est en droit de supposer que l'action continuée pendant un temps beaucoup plus long, aurait pu donner lieu à une fluoration beaucoup plus avancée des os mis en expérience.

Les essais n'ont pas réussi de même dans des vases fermés, où les os se trouvaient en présence de poudre de spath fluor et de carbonate d'ammoniaque (2 gr.) soit avec de l'eau de Seltz seulement, soit avec de l'eau

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de Seltz et du sable. Après trois mois on a trouvé dans l'un 0,32 et dans l'autre 0,31 de fluor. J'ai également essayé l'action d'un couple zinc-cuivre sur le mélange; mais, au bout de 4 mois, les os contenaient encore 0,30 de fluor, c'est-à-dire à très peu près la quantité constatée au début. Sans insister davantage sur ces essais négatifs, il est permis de tirer des premières expériences quelques inductions utiles sur le phénomène naturel que je cherche à expliquer.

J'ai réalisé, en effet, dans les expériences n° 1 et n° 4, une fixation graduelle de fluorure de calcium sur le phosphate de chaux des os, soit en partant du fluorure de calcium en poudre, dont une faible proportion se dissout dans l'eau contenant du carbonate d'ammoniaque, soit en faisant agir sur les os une petite quantité de fluorure alcalin en dissolution. Le fluorure alcalin peut agir directement sur le phosphate de chaux, en donnant naissance à du fluorure de calcium et à du phosphate alcalin soluble, d'où résulterait une diminution de la teneur du résidu insoluble en acide phosphorique ; ou bien il peut y avoir action du fluorure alcalin sur le carbonate de chaux, qui se trouve mêlé au phosphate dans les os, et formation de fluorure de calcium, comme je l'avais v.érifié par une expérience directe. Dans le cas où la fluoration a lieu sous la seule influence du fluorure de calcium, elle doit avoir pour limite extrême

la teneur que l'on observe dans l'apatite, c'est-à-dire environ 1 partie de fluor pour 11 parties d'acide phosphorique.

Mais si des fluorures alcalins interviennent, la fluoration peut aller plus loin et l'os peut arriver à une teneur plus élevée que celle de l'apatite. C'est ce que nous a donné l'expérience n° 1. C'est aussi le fait que nous avons Tome III, .1893.

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