.MjYx.NzM4NjU

De Transcription | Bibliothèque patrimoniale numérique Mines ParisTech
Aller à : navigation, rechercher

24

DE L'EMPLOI DE L'ACIER AU MICKËL

DE

L'EMPLOI DE L'ACIER AU NICKEL DANS LES CONSTRUCTIONS NAVALES Par M. BROCARD, Ingénieur en Chef du Génie Maritime.

Il y a une dizaine d'années que quelques-unes des meilleures usines métallurgiques françaises ont commencé à produire, dans des conditions industrielles, des matériaux d'acier contenant du nickel. Ces aciers présentaient une résistance élevée. Ce fait a, dès le début, attiré l'attention des constructeurs de navires, qui recherchent constamment toute innovation tendant à améliorer les éléments de l'équation de poids fondamentale du navire, qui résulte directement de l'application du principe d'Archimède. Il a été reconnu, dès les premières applications, que, moyennant quelques soins spéciaux dans les opérations de forgeage et de rivetage, l'acier à faible teneur en nickel (de 3 à 5 p. 100) s'adaptait convenablement à la confection des coques, cloisons, blindages minces, et autres travaux de chaudronnerie des bâtiments, et procurait une économie appréciable de poids. Comme on le verra par les renseignements donnés au cours de cette note, les avantages apportés par l'addition du nickel sont, d'une manière générale, d'autant plus marqués cpie la proportion de nickel est elle-même plus forte. Mais les soins à apporter dans le travail à chaud et à

DAXS LES CONSTRUCTIONS NAVALES

25

froid deviennent aussi de plus en plus délicats. Il aurait été bien difficile d'initier dans de bonnes conditions l'importante population ouvrière d'un chantier de construction de grand bâtiment (souyent un millier d'ouvriers) à la pratique de ces soins minutieux. D'autre part, le nickel vaut 3 francs le kilogramme. On conçoit que, par suite du prix élevé du métal composant, et de la rémunération à donner à une fabrication d'acier qui est d'autant plus longue et difficile que la proportion de métal ajouté est plus forte, le prix des matériaux bruts croisse rapidement avec le taux du nickel. Ces deux considérations ont amené les constructeurs de coques de navires à ne pas dépasser la nuance à 5, ou, au maximum, à 7 p. 100. Le problème se pose d'une manière toute différente, si on examine la question de l'application du nouvel acier aux appareils à vapeur, machines et chaudières, des bâtiments modernes à grande vitesse. Certaines pièces de ces appareils, les arbres de couche, les tiges de piston, les tubes d'eau des chaudières, etc., supportent en effet des fatigues particulières, et il est tout indiqué de les constituer en un métal spécial, fût-ce au prix de soins plus délicats et d'une élévation de la dépense. Ce sont les principes généraux qui doivent guider dans cette application aux appareils à vapeur des bâtiments à grande vitesse que la présente note va essayer d'exposer. Il convient tout d'abord, pour plus de clarté, de résumer sommairement l'.état actuel . de l'emploi, pour la confection de ces appareils, des aciers ordinaires au carbone. Aciers ordinaires au carbone. — 11 n'est pas nécessaire de parler ici des avantages bien connus d'économie de poids et d'augmentation de solidité qui ont été la consé-