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SUR LA VAPORISATION une petite ouverture qui s'oppose au renouvellement facile de l'air, il ne peut y avoir d'évapo-

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ration au-dessous du degré de son ébullition. Une fois que la vapeur a pris dans cet espace toute la densité qu'elle doit avoir, il ne peut s'y en former de nouvelle, si d'autre air ne vient

remplacer celui qui est déjà saturé. Tel est ce qui arrive avec le muriate de potasse, qui ne s'évapore pas dans un creuset médiocrement fermé, tandis qu'il s'évapore beaucoup s'il a le contact libre de l'air. Tel est encore ce qui arrive dans la distillation d'un mélange d'oxyde de zinc et de charbon, pendant laquelle il se dégage du gaz oxyde de carbone qui emporte les vapeurs de zinc à mesure qn'elles se forment.

Tel est enfin ce qui a lieu dans tous les autres exemples que j'ai cités, et qu'il serait facile de multiplier beaucoup plus. Remarquons pourtant encore combien il est important de faire attention à l'évaporation des corps par le moyen de l'air, pour ne pas s'exposer à commettre des erreurs. Pour juger du degré de

volatilité d'un corps peu volatil, on ne peut le faire que comparativement et en prenant pour indices les produits de sa volatilisation. Or si on ne fait pas attention à cette propriété des corps, de ne pouvoir s'évaporer au-dessous du degré de leur ébullition, quand ils sont enfermés dans des vases qui n'ont que peu ou point de commu-

nication avec l'air, tandis que le contraire a

parfaitement lieu dans des circonstances sem-

blables à l'air libre, on sera nécessairement

conduit à regarder comme très-volatil clans un cas , un corps qui paraîtrait très-fixe dans un

autre. par exemple, le muriate de potasse et

411 DES CORPS. l'antimoine fument beaucoup quand il g- sont rouges et exposés à l'air. On en conclurait donc, et avec raison, qu'à cette température ils se réduisent en vapeurs. Mais si on couvre légèrement les creusets dans lesquels ils sont enfermés , ils ne perdront pas sensiblement de leurs poids , et si on ne fait pas attention à la diffé-

rence des circonstances , on en conclura au

contraire qu'ils sont fixes. Ce principe , que les vapeurs d'un corps peuvent se former indéfiniment,à l'air libre , et que leur densité ne dépend (pie de la température, trouve son application clans la distillation de deux corps simplement mélangés qui ne diffèrent pas beaucoup en volatilité, et il sert à expliquer pourquoi dans ce cas le plus

volatil emporte toujours de l'autre. Qtmque

je n'exclue pas l'affinité des causes qui eitmi,raient contribuer à cet effet, je pense cependant qu'il peut également avoir lieu sans elle , et je vais supposer en conséquence que les vapeurs des deux corps que je considère n'ont aucune affinité entre elles, et qu'elles agissent l'une sur l'autre comme le gaz oxygène sur le gaz azote. Quand on soumet donc à l'action de la cha-

leur un mélange de deux corps peu différens en volatilité, l'alcool et l'eau , par exemple il arrive bientôt qu'il entre en ébullition. A .cette époque, l'alcool a toute sa tension, tandis que l'eau n'a qu'une partie de celle qu'elle est susceptible de prendre sous la même pression par une plus grande élévation de température. Si maintenant l'eau était seule dans le vase distillatoire , il est évident, d'après ce qui précède, qu'étant encore éloigne da degré de sou D cl 4

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