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De Transcription | Bibliothèque patrimoniale numérique Mines ParisTech
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EXPLOSION 64 rouge avait même été assez prolongée pour déter-

miner la formation de peroxyde. Enfin, l'état de la surface externe de la tôle et l'examen des autres parties de la chaudière nous ont fourni de nouvelles preuves du manque d'eau dans cette chaudière. Lorsque la rupture s'est déclarée, les matières projetées par l'effet de la pression intérieure ne

ont pas été verticalement de haut en bas. Les deux bords de la fissure étant inégalement déprimés, ces matières se sont échappées dans une direction oblique par rapport à l'horizon et peu différente de la tangente à la courbure QR (fig. 6). La vapeur se détendant immédiatement après sa sortie de la chaudière, le flanc PN de cette chau-

dière a dû être frappé directement par les matières entraînées; et, s'il y avait eu de l'eau, il eût été inévitablement couvert de sédiment blanchâtre. l existe en effet quelques traces de ce sédiment, mais elles sont limitées à une portion assez restreinte UVX (fig. 8) , de la surface de la tôle. Les choses paraissent donc s'être passées comme

si une petite quantité de matière boueuse, sortant avec la vapeur, avait laissé sur la paroi extérieure de la chaudière le dépôt qu'elle contenait. D'autre part le générateur qui a fait explosion n'était pas endommagé seulement à l'endroit de la

tôle déchirée. Le coup de feu avait produit son effet, comme on devait le prévoir, sur d'autres tôles dont les rivets avaient pris du jeu. Enfin les bouilleurs eux-mêmes avaient été déformés : ils s'étaient arqués, et on a dû les dériver comme la chaudière. Ce dernier fait établit avec évidence le défaut d'une quantité d'eau suffisante; et, si cette eau manquait dans les tubes, il est clair qu'il n'en

D'UNE CLIAUDIÈRE A VAPEUR.

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pouvait rester dans le corps principal du générateur.

Il est incontestable , nous le répétons, qu'il y a eu manque d'eau dans la chaudière (i). Maintenant l'explosion a-t-elle été déterminée par la pression normale de la vapeur agissant sur une tôle rougie et brûlée, ou faut-il admettre qu'il y a eu instantanément une pression accidentelle et trèsforte produite par l'introduction de l'eau dans la chaudière et son contact avec le métal à une température élevée ?Il nous paraît certain qu'il y a eu introduction d'eau immédiatement avant l'explosion. La force de réaction, résultat de cette explosion, a été en effet capable de soulever le générateur qui se trouvait relié avec les deux autres par le tuyau de prise de vapeur et par celui d'alimentation , générateur dont le poids était en outre considérable et égal à 7,452 kilogrammes. Or cette force de réaction dépend de deux éléments, la pression intérieure et la surface sur laquelle elle a exercé son effet. Cette surface, qui n'est autre que la projection de celle de la fissure, était trèspetite ; la pression intérieure a donc été très-élevée et notablement supérieure à celle à laquelle la chaudière fonctionnait habituellement.

En résumé les causes de l'accident arrivé à

(1) Cependant il est bien établi par l'enquête que le

sifflet d'alarme n'a pas fonctionné. Il n'y a pas lieu de s'étonner de cette circonstance. Qu'on se rappelle en effet que le flotteur d'alarme était placé à proximité d'une soupape de sûreté tellement adhérente qu'il nous a été impossible de la détacher de son siége. L'état de cette soupape dénotait un défaut de soin habituel de la part des agents chargés de la conduite des chaudières, et il y a lieu de penser que le sifflet s'était encrassé, comme la Soupape, au point de ne pouvoir plus fonctionner. Torne XX , 1851. 5