Annales des Mines (1847, série 4, volume 11) [Image 23]

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CONTINUITÉ EN PROFONDEUR, ETC. 46 lita, présente la section d'un demi-cercle, et, suivant l'expression des mineurs, s'enfonce comme un clou dans l'intérieur du sol. Ce gîte a été déjà suivi jusqu'au delà de 2oo mètres avec des chances variables, sans doute, mais avec une grande con-

fiance de la part des exploitants dans le principe de la continuité. Ainsi , le travail de l'exploitation des mines se poursuit dans toutes les contrées du globe, sur les gîtes réguliers et sur les gîtes irréguliers, en vertu de ce grand principe de la continuité en profondeur, principe établi, par les théories géologiques. La négation de cette théorie serait l'anéantissement de l'art de l'ingénieur et de la production des métaux. Si quelques anomalies subsistent, si, par exemple, les gîtes irréguliers de la Sierra de Gador ont donné lieu à quelques travaux infructueux, si les filons de Poullaouen et du Huelgoat offrent quelques symptômes d'appauvrissement, nous en appellerons à des travaux de recherche plus développés. A ceux qui ont prétendu que l'application des théories de la science peut conduire à des déceptions, nous répondrons que l'exploitation est et sera toujours une industrie hasardeuse, que des déceptions sont possibles, eu égard à la lenteur et aux difficultés des travaux, mais que la négation des théories doit conduire nécessairement à l'im-

puissance et à la ruine. Une exception,

fût-elle

constatée , ne détruirait pas les grands principes de l'art, et nous pensons être l'organe de tous les praticiens, en maintenant ceux qui ont été fondés par l'Académie de Freiberg, développés et modifiés

par soixante et dix années d'observations faites dans toutes les parties du monde.

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ANALYSE du cuivre iris de lliouzaïa; Par M. EBELMEN , ingénieur des mines.

On exploite depuis quelque temps en Algérie, au pied du col de Mouzaïa , une mine de cuivre

qui paraît fort importante. Les filons sont composés principalement de fer carbonaté et de cuivre gris. On trouve ce dernier tantôt en masses com-

pactes, tantôt en cristaux dont la forme dominante paraît se rapporter à celle d'un dodécaèdre rhomboïdal, mais avec de nombreuses modifications sur les arêtes et sur les angles. M. Berthier a donné déjà (Annales des mines, 3esérie, t. XIX., p. 697) quelques indications sur ce minerai. Les échantillons qu'il a examinés prove-

naient de la crête des filons, et se trouvaient no-

tablement altérés. M. Berthier n'en a pas fait l'analyse complète. Il s'est contenté de déterminer

leur teneur en argent, qu'il a trouvée de o,0008 pour i de minerai. Je dois à l'obligeance de M. Masson d'avoir pu examiner de nouveau cette substance. Les échan-

tillons qu'il m'a remis présentaient un grand nombre de petits cristaux très-éclatants de cuivre gris sur une gangue composée de fer carbonaté et de baryte sulfatée. En laissant pendant quelque temps ces échantillons en digestion dans de l'acide chtorbydrique étendu et chaud, le carbonate de fer s'est dissous, et il a été facile dès lors d'isoler

complétement du reste de la gangue, les petits cristaux de cuivre gris que l'acide chlorhydrique n'avait nullement altérés.