Annales des Mines (1844, série 4, volume 6) [Image 258]

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DE L'ARGENTAN A SHEFFIELD.

SUR LA FABRICATION

loin. Dans ce cas, l'alliage n'est pas seulement réduit, mais il s'est en partie carburé , et il faut alors

le maintenir un certain temps fondu à une température plus élevée, après avoir enlevé la couverte

de poussier de houille qui le recouvrait, afin de brûler l'excès de carbone qu'il renferme. Lorsqu'on emploie du cuivre de Russie pour former l'alliage, ce dernier n'est pas susceptible de se carburer.

On ne doit couler l'alliage, ramené à un degré de pureté convenable, que dans des moules en fonte ; ceux en pierre ou en sable se refroidissent trop lentement, de sorte que la plus grande partie du lingot acquiert une texture fortement cristalline qui détermine la formation d'une foule de fissures très-fines ou stries. On doit apporterele plus grand soin à la coulée, et chercher à rendre le plus uniforme possible le refroidissement de toutes les parties de l'alliage. A cet effet , il faut éviter que le métal liquide, lorsqu'on le verse, ne vienne en contact avec les parois latérales du moule, ou ne rejaillisse, étant versé de trop haut, après en avoir atteint le fond. Dans le premier cas, il se forme

des couches qui, éprouvant un refroidissement plus ou moins rapide, se solidifient à des époques différentes en donnant lieu, soit à des bulles, soit à des -fissures, qui sont quelquefois tellement fines,

qu'elles ne sont point perceptibles à première vue , et que ce n'est que plus tard après le lami-

nage qu'on découvre leur présence ; dans le second cas, il se forme une foule de petits globules quine peuvent jamais se resouder complétement avec la masse principale , et qui , surtout quand ils se

trouvent près de la face supérieure du lingot, se détachent pendant l'opération du laminage, en

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laissant à leur place autant de cavités ovales et allongées.

On coule l'alliage aussi chaud que possible, en siphon, dans un moule horizontal en fonte fermé, et composé de deux plaquespolies en fonte de orn,23 de long, on, 15 de large et orn,o25 d'épaisseur, réu-

nies par des cornières en fer, assujetties à l'aide de

boulons; on verse le métal par une trémie latérale en pierre qui communique avec le moule suivant toute sa longueur, et dans laquelle on laisse toujours un excédant de mêtal, afin de former une masselotte. Avant la coulée, on recouvre les parois du moule d'une couche de noir de fumée, et on enduit celles

de la trémie en pierre d'un mélange de noir de fumée et d'essence de térébenthine, comme nous l'avons dit en parlant des essais. On porte ensuite

le tout à un degré de chaleur tel qu'on ait de la peine à le saisir avec la main. Après deux ou trois fontes, il faut renouveler entièrement l'enduit cidessus.

On donne ordinairement aux lingots destinés au laminage une épaisseur de i à 1/2 millimètres; il serait difficile de 'couler des plaques plus minces sans défaut, et une épaisseur plus considérable les rendrait très-difficiles à laminer. Lorsque le refroidissement est complet, on détache le lingot du moule à l'aide de quelques coups

de marteau.; on l'égalise sur ses faces en employant au besoin la lime, puis on le lamine absolument de la même manière que le laiton.

Pour obtenir du fil d'argentan ductile et de bonne qualité, on emploie exactement le même procédé. Avec l'alliage n° 2, on peut fabriquer