Annales des Mines (1843, série 4, volume 3) [Image 388]

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SUBSTANCES MINÉRALES. 774 a vu que des os fossiles prenaient au feu une cou-

leur analogue à celle des' turquoises ; que, digérés

dans une eau alcaline, ils tournaient au bleu, et que ce bleu variait de nuance en passant du bleu verdâtre au bleu foncé. Fourcroy et Vauquelin ont aussi observé que des os calcinés fortement prenaient souvent une teinte bleuâtre, en raison du phosphate de fer qu'ils contenaient. Ces faits, et plusieurs autres, prouvent donc que la colora-

tion bleue ou verte de certains ossements anciens ou fossiles, peut être due aussi au phosphate de fer. 9. Les concrétions connues des géologues sous le nom de Coprolites, sont bien , ainsi que l'avait pensé le professeur Bucldand, des excréments, ou plutôt des excrétions urinaires et fécales des ichtyosaurus et autres grands reptiles fossiles, analogues aux urines boueuses des serpents et autres reptiles de notre époque, puisque nous y avons trouvé des urates alcalins en proportions très-notables, accompagnés de phosphate, de carbonate et d'oxalate de chaux. La composition de ces coprolites les rapproche tout à fait du Guano des îles de la mer du Sud. Io. La chair momifiée, ou plutôt le dernier résidu de la putréfaction des cadavres, ce qu'on

EXTRAITS.

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niaque et du cyanogène dissous dans l'eau , dans celle de l'acide cyanhydrique pur en vases fermés, dans la réaction du cyanogène sur les bases alcalines, qu'il se produit, enfin, aux dépens de presque tous les composés cyaniques (1). Or, dans la putréfaction des matières animales , il se t'orme comme on sait, beaucoup de ces composés cyaniques , dont une partie peut facilement, sous finfin ence de l'eau, ou des bases alcalines toujours présentes, se métamorphoser en acide azuhnique , qui a pour formule , C5 Az H. Polydore Boullay a d'ailleurs démontré que la gélatine chauffée avec la potasse caustique, se convertit, en partie

en acide azulmique. Cette transformation que la chaleur détermine, l'action lente du temps peut également l'accomplir ; car ce sont deux influences qui se remplacent fort souvent dans les réactions chimiques. Il n'y a donc rien d'anormal dans cette production spontanée de l'acide azulmique pendant la putréfaction lente des cadavres

enfouis sous terre, et ce fait curieux que nous avons eu le bonheur de découvrir s'explique trèsfacilement. . Certains os fossiles retenant une certaine quantité d'eau hygrométrique (analyses 8, Io, 15),

appelle enfin vulgairement le terreau animal,

on s'exposerait à commettre des erreurs graves

renferme, en proportions très-considérables, une

dans le dosage de la matière organique, si on calculait la quantité de celle-ci par la perte que les

azote , identique, par ses propriétés et sa composition, avec l'acide azulmique de Polydore Boullay. La formation de cet acide, pendant la putréfaction des chairs, n'a rien qui doive surprendre, puisqu'on sait qu'il prend naissance dans les décompositions spontanées eu cyanhydrate d'ammo-

os subissent par la calcination. Cette remarque

matière organique très-riche en carbone et en

avait déjà été faite par M. Berzélius. (1) Mémoire sur l Ulmine el sur l'acide azulmique.Thèse de Polydore Boullay. journal de pharmacie.

Tome III, 1843.

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