Annales des Mines (1842, série 4, volume 2) [Image 214]

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SUBSTANCES MINÉRALES.

milles de l'embouchure, le 26 décembre 1839. Sa p. s. était de 10264. Elle sentait fortement l'hydrogène sulfuré : elle contenait 2736 gr. par gallon , de chlorure et de sulfate combinés avec la soude, la magnésie et la chaux. (1 o) De l'eau prise dans les rivières Bango et Daude , le 29 décembre 1839. Sa p. s. était de 1026,7 : elle ne sentait pas l'hydrogène sulfuré et contenait 2624 gr. par gallon de chlorure et de sulfates de soude, de magnésie et de chaux.

Le docteur Marcet a trouvé, en 1819, de l'hydrogène sulfuré dans une eau rapportée de la mer Jaune , par le capitaine Bard-Hall. Sir William Burnett a trouvé aussi de l'hydrogène sulfuré dans des échantillons d'eau provenant de la rivière Bonny et de la rivière Lagol , qui avaient été recueillis par le navire le Scoot , en mars 1839. J'ai examiné les feuilles de cuivre altérées provenant du doublage de la Bonettct , et j'ai reconnu qu'elles étaient recouvertes à l'extérieur d'une croûte verte d'oxychlorure , et au dedans d'une croûte noire de sulfure de cuivre. Il est évident d'après cela que l'altération du doublage résultait de l'action corrosive de l'hydrogène sulfuré. Je

pense que l'on pourrait obvier à cet inconvé-

nient en protégeant le cuivre par une armure de zinc mobile que l'on mettrait en contact avec le doublage quand on le jugerait nécessaire. .

Quant à l'origine de l'hydrogène sulfuré, qui se trouve en dissolution dans les eaux, sur une étendue de plus de 160 des côtes d'Afrique, on ne saurait douter quelle ne soit due à l'action qu'exercent les matières végétales suries sulfates contenus

dans l'eau de la mer.

EXTRAITS.

423 Mais maintenant on peut se demander si l'existence de ce gaz délétère dans l'atmosphère, conséquence de sa dissolution dans l'eau, ne doit pas accompagner ces miasmes qui ont été si funestes à tous les explorateurs de l'Afrique. Dans le récit de leur expédition dans l'intérieur de l'Afrique, en remontant le Niger, MM. Mac-Grégor, Land et Oldfield disent : « Les principales causes de mortalité sont le passage d'un océan sans bornes à une rivière étroite et tortueuse , l'absence des brises

de mer, et le dégagement de miasmes putrides qui s'élèvent des marécages environnants. Il faut en avoir senti l'horrible fétidité pour concevoir l'accablement physique et moral et les sensations de malaise et de dégoût auxquelles on finit souvent par succomber. » Ces observations étaient faites dans les mêmes

lieux d'où provenaient les eaux que j'ai examinées.

8. Considérations sur l'insalubrité de PAIR clans les MAREMMES ; par M. Paul Savi. ( Ann. de Ch. , t. 3 , 344.)

Plusieurs parties de la Toscane et diverses régions de l'Italie méridionale, sont affligées d'un fléau que Fon désigne dans le pays sous les noms de cattiv' aria ou mal' aria ( mauvais air ) ; j'ai étudié chacune des localités insalubres afin de rechercher dans les phénomènes propres à ces lieux, l'origine de cette insalubrité. Dans les vallées basses des environs de Volterra,

il n'y a pas de marais. Le pays présente un ter-

rain formé par des dépôts marins tertiaires,

composés en grande partie de marnes argileuses