Annales des Mines (1841, série 3, volume 20) [Image 118]

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EXPLOSIONS DES CHAUDIÈRES

qui a été renvoyé par M. le

cès-verbal d'enquête' . sous-secrétaire d'état des travaux publics à la commission des machiues 4. vapeur. A l'arrivée de M. Conte, toutes les traces de l'explosion .avaient disparu; les fragments de la

chaudière rompue avaient été cassés et transportés clans une fonderie. L'ingénieur a donc dû se borner à consigner dans son procès-verbal les circonstances de l'accident, telles que les lui ont rapportées les personnes qui en avaient été témoins, ou qui s'étaient empressées de porter secours aux blessés. Ces circonstances sont d'ailleurs fort simples. La chaudière fit explosion vers 6 heures du soir.

Elle contenait la vapeur sous une tension habi-

tuelle de 2 à 3 atmosphères, et les soupapes étaient chargées en conséquence. Elle était munie de deux rondelles fusibles et d'un manomètre. Elle recevait l'eau d'alimentrition par un tuyau qui traversait

le dôme à oni,43 de distance de l'extrémité postérieure, et descendait jusqu'à une distance de point 5 centimètres du fond. La vapeur n'était condensée ; après avoir agi sur le piston de la machine, elle était rejetée directement dans la cheminée, et l'eau d'alimentation arrivait, sans avoir il été préalablement échauffe, par le tuyau dont a été parlé. Au moment de l'explosion, la machine était arrêtée depuis dix minutes ou un quart d'heure, qui allait parce qu'on chargeait de bois la tonne descendre dans le puits : le manomètre accusait une tension qui ne dépassait pas 3 atmosphères, et les soupapes soufflaient avec force.

La rupture de la chaudière eut lieu suivant un plan presque exactement perpendiculaire à l'axe déboucher le tuyau et passant au point où venait

A vApeu.4.

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d'alimentation. Ce plan laisse, d'un côté, la

chaudière presque tout entière, et, de l'autre, l'extrémité formée presque uniquement de la

calotte hémisphérique postérieure. Cette partie fut lancée contre le mur du bâtiment, traversa une

fenêtre C Pl. Vli , ,fig. i )., dont le seuil était à peu près au niveau du dôme de la chaudière, et alla tomber au dehors,, à i r mètres de distance de son emplacement primitif. L'autre partie de la chaudière ayant 241,17 de longueur, à laquelle les deux bouilleurs restèrent

attachés, fut arrachée du massif de maconnerie et renversée en tournent sur le fond hémisphérique antérieur, de telle sorte que ce fond resta appuyé et posé sur le massif de maçonnerie, tandis que les bords de la section circulaire de rupture vinrent s'appuyer sur le mur du bâtiment faisant face à la porte du foyer, et dans lequel était pratiquée la porte d'entrée D. Les parties antérieure et postérieure du massif de maçonnerie du fourneau ne furent point démolies : toutes les poutres de la toiture furent enlevées avec les tuiles, et l'eau bouillante jaillit à une hauteur verticale d'environ 13 mètres, suivantle déclaration du directeur M. Lanvin. Quatre ouvriers, qui se trouvaient au moment de l'explosion dans le local des chaudières, furent atteints par la chute des débris de la toiture et brûlés par l'eau chaude. Leurs blessures n'ont point eu de gravité, et 14 étaient tous 4-eu près complétement rétablis le mi août, dix-huit

jours après l'accident. Il paraît que le chauffèur était occupé à charger du combustible sur la grille de la chaudière qui a fait explosion, et qu'il s'est trouvé placé, après que celle-ci a eu lieu, sous le

tronçon principal appuyé, comme on l'a dit, sur le massif des fourneaux et sur le mur D, circon