Annales des Mines (1914, série 11, volume 5) [Image 110]

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AUGUSTE MICHEL-LÉVY

AUGUSTE MICHEL-LÉVY

joindre ensuite, à la suite de l'école américaine et norvégienne, l'emploi de l'analyse chimique. Dans le premier ordre d'idées, il a particulièrement insisté sur les types de passage qui, dans les roches acides, rattachent les uns aux autres les granités et les porphyres les plus vitreux : toutes les structures de ces roches étant, en définitive, caractérisées par les divers modes d'association des -deux minéraux qui cristallisent en dernier lieu, orthose et quartz. La série qu'il a établie passe du granité à la granulitc, à la pegmatite, à la microgranulite, à la micropegmatite et au quartz globulaire. Michel-Lévy attachait une importance particulière, et je crois avec beaucoup de raison, au maintien de la structure appelée par lui granulitique, qui avait seulement le tort de donner lieu à des confusions par l'emploi fâcheux d'un nom déjà employé dans un autre sens. Les structures auxquelles il a donné le nom de micropegmalite et de structure ophitique ont été généralement adoptées par les pétrographes. Ultérieurement, Michel-Lévy s'est appliqué, après lddings, à classer les roches par des diagrammes représentatifs de leur analyse chimique. Sa méthode consiste à mettre en évidence : d'une part, les scories ferro-magnésiennes, c'est-à-dire la proportion relative des éléments donnant naissance à des minéraux colorés, fer, magnésie, chaux (ou alumine) ; de l'autre, les éléments blancs, ou éléments de fumerolles, potasse, soude et chaux feldspathisée. La proportion de silice est inscrite à côté des triangles représentatifs. Par cette méthode, 'on manifeste très simplement tous les caractères essentiels de la roche, notamment les rapports caractéristiques de la potasse à la soude, l'excès ou le défaut d'alumine, etc. Il a démontré ainsi deux lois intéressantes : 1° La proportion de magnésie est éminemment caractéristique (beaucoup plus que le fer) de la quantité de

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magna ferro-magnésien entrant dans la composition définitive de la roche, ou de sa basicité. La magnésie tend régulièrement vers zéro quand la silice augmente, quand l'acidité s'accroit ; 2° Quand on considère une famille de roches homogènes, tout se passe comme si, à un magna ferro-magnésien, venait s'ajouter, par apports successifs, une quantité d'abord rapidement croissante d'alcalis, d'alumine et de silice; puis, une fois atteinte la saturation de la potasse, de la soude et do l'alumine, la silice croit et semble remplacer le magna ferro-magnésien. Encore à la fin de sa vie, Michel-Lévy, dans son cours au Collège de France, est revenu souvent sur ces études pour apporter des retouches à ses conclusions. 11 a alors spécialement examiné la question de la différenciation en vase clos (BrOgger, 1890) ou de la consanguinité (lddings, 1892) pour montrer ce qu'elles présentent d'excessif et insister sur la feldspathisation, ou pegmatisation par les fumerolles suivant la vieille tradition française d'Elie de Beaumont et Daubrée, qui leur a toujours attribué un grand rôle dans- la genèse des roches et des gites métallifères. Il a fait voir à ce propos ce qu'il y a d'hypothétique à vouloir appliquer, dans le cas des mélanges silicates à trois ou quatre éléments qui constituent les roches, les lois de l'eutectisme démontrées seulement pour les solutions étendues de deux éléments l'un dans l'autre; mais, en même temps, il a signalé les applications de détail que pouvaient présenter ces observations sur les alliages pour expliquer certaines structures de consolidation simultanée. ■m

4° mise Dès pris

Age des roches éruptives. Mode de formation et de en place. Genèse des terrains cristallophylliens. — ses premiers travaux de 1874, Michel-Lévy a comle parti que l'on pouvait tirer des nouveaux procé-