Annales des Mines (1912, série 11, volume 2) [Image 67]

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EXPÉRIENCES SDR LES POUSSIÈRES DE. HODILLE

une nouvelle confirmation d'une propriété très importante au point de vue pratique. Enfin, des indications nouvelles ont été données par l'essai de quelques échantillons de poussières prélevés dans le fond delà mine et étudiés, d'autre part, au point de vue de la composition chimique. Plusieurs auteurs ont déjà constaté et signalé que les poussières des galeries de mine, recueillies un temps assez long après leur formation, attestent d'assez profondes altérations de la composition chimique, par comparaison avec le charbon qui les a pu former ; assurément l'accroissement de la teneur en cendres que l'on observe dans ce cas provient principalement des particules stériles, débris des roches encaissantes, qui sont venues se mêler intimement aux particules charbonneuses. Mais on constate en même temps une très forte augmentation dé la teneur en matières volatiles, cendres déduites. On a parfois admis que cette augmentation devait être uniquement attribuée à l'altération des poussières de houille ; ce n'est généralement pas exact, car les particules stériles qui se sont adjointes au mélange donnent, elle s-mêmes, à la distillation, un certain dégagement de produits volatils, eau de constitution et acide carbonique ; et comme leur teneur en cendres est très élevée, elles contribuent, au moins pour une forte part, à l'élévation de la teneur en matières volatiles, cendres déduites, du mélange. Il n'en est pas moins vrai que nous avons pu vérifier, comme nous le montrerons dans un prochain rapport, que la partie charbonneuse de ces mélanges n'a plus la composition de la houille primitive ; entre autres particularités, nous signalerons la fixation d'oxygène. L'oxydation des vieilles poussières étant généralement admise, soit à la suite de vérifications particulières, soit* par analogie avec le fait bien connu de l'oxydation des

ET SUR LES MOYENS DE COMBATTRE LEURS DANGERS

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charbons exposés à l'air, on s'était demandé s'il devait en résulter une plus grande ou une moindre inflammabilité. Les vieilles poussières sont-elles plus ou moins dangereuses que les fraîches ? La question est très importante à plusieurs points de vue. Si l'oxydation accroît l'inflammabilité, c'est une nouvelle cause de danger contre laquelle il convient de se prémunir ; d'autre part, comme les expériences en galerie ne peuvent guère porter que sur des poussières fraîches, il serait à craindre, dans cette hypothèse, que les gisements reconnus sûrs aux essais fussent, à égalité des teneurs en cendres et matières volatiles, dangereux dans la mine, conclusion dont la gravité n'échappera à personne. Nous indiquerons, dans un autre rapport, les motifs, basés sur les résultats d'essais chimiques ou calorifiques, qui nous ont amenés à penser que les poussières oxydées étaient moins dangereuses que les poussières fraîches. Cette conception fut parfaitement confirmée par les essais au tube. Si l'on compare deux mélanges poussiéreux à égales teneurs en matières volatiles et cendres: l'un formé de poussières fraîches et pures additionnées de particules stériles, ainsi qu'il est pratiqué dans les essais en galerie; l'autre composé de poussières charbonneuses altérées et mêlées à des particules schisteuses, tel qu'on le recueille au fond de la mine, le premier donne, à l'essai au tube, des flammes beaucoup plus grosses que le second et se classe comme nettement plus dangereux ; la diminution de danger du second mélange paraît en rapport avec son degré d'oxydation. Ainsi, les appréciations que l'on fera du danger d'un gisement poussiéreux du fond, en se basant simplement sur l'analyse immédiate et en établissant une comparaison avec les gisements artificiels essayés en galerie avec des poussières fraîches, ne risqueront pas de conduire à des conclusions fâcheuses pour la sécurité de la mine ; on sera,