Annales des Mines (1912, série 11, volume 1) [Image 81]

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ÉTUDE SUR LES GISEMENTS DE FER DE L' ALGÉRIE

calcaires. Ses affleurements forment une bande discontinue de 2.500 mètres de longueur entre les cotes 1006 et 1235 ; ils semblent voisins d'une zone de plissement aigu du calcaire; l'accident, nettement visible au chantier n° 5, s'atténue vers l'Ouest et vers l'Est ; mais il est de nouveau très net près des affleurements n os 11, 12 et 15 et de ceux qui prolongent ce dernier jusqu'à l'Oued Rehane. Vers l'Est aussi, des cassures Nord-Ouest-Sud-Est intéressent les calcaires et le gîte ; leurs lèvres orientales sont en général abaissées; c'est ce phénomène qui a déterminé la séparation du reste du gisement des parties sur lesquelles portent les chantiers n os 1 , 2, 3 et 6. Les affleurements 13, 14 et 16 appartiennent sans doute à des gîtes distincts du grand gîte stratiformedont il vient d'être question. La partie haute de la couche d'hématite a été exploitée par des carrières, à l'aval-pendage desquelles elle est étudiée par des travaux encore en cours et qui s'échelonnent aux altitudes de 1.076 mètres, 1.062, 1.034, 1.006,984, 964, 944,924,900 et 872; un travers-bancs à la cote 770 ■n'a recoupé qu'une veinule de minerai, après une traversée de 115 mètres de calcaire ; on ne peut dire si on se trouve dans le prolongement du gîte reconnu par les recherches supérieures qu'on a suivi jusqu'à la cote 800. La Pl. V représente les recherches faites aux niveaux que je viens d'indiquer et les résultats obtenus : j'ai supprimé les descenderies et les puits qui relient un étage à l'autre; les ouvrages ne sont pas représentés dans leur position réelle ; mais ceux des divers niveaux inférieurs, au niveau 1062 ont été déplacés par rapport à ceux de cette cote suivant la direction XY de longueurs égales à celles qui séparent sur cette droite deux mêmes lettres, l'une majuscule, l'autre minuscule. Au moyen de cette planche, il est aisé de se rendre

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compte que la puissance, le pendage et la direction de la couche se modifient sensiblement d'un point à un autre. On voit sur ces dessins la forme sinueuse des épontes, à laquelle il fallait d'ailleurs bien s'attendre dans un tel gisement, même quand son irrégularité n'est pas très grande. Pourtant, il convient de remarquer que la séparation entre le minerai et le stérile se fait ordinairement d'une façon très nette; sans doute, on observe parfois que le passage de l'hématite exploitable au calcaire franc s'effectue progressivement ; mais souvent aussi il n'y a aucune transition entre le minerai et la roche qui l'encaisse; d'ailleurs, en plusieurs points, les épontes sont marquées par des salbandes argileuses plus ou moins larges ; ce fait se constate à tous les niveaux, mais surtout au niveau 872. Les galeries de la cote 924 ont eu pour point de départ un affleurement situé sur la rive gauche d'un petit ravin. A la surface, la masse minérale pendait vers le Sud sous un angle de 30' avec le plan horizontal; à 55 mètres du jour, l'inclinaison de la couche est presque nulle et il en est ainsi sur 75 mètres environ; puis, assez brusquement, le pendage reprend sa valeur primitive et ensuite augmente d'une façon presque continue quand on se déplace vers l'Ouest ;il atteint 45° à environ 200 mètres de l'ouverture Est du niveau 924 ; il dépasse ensuite 70° pour retomber à 30° à l'extrémité Ouest des allongements de cote 964 : localement et sur d'assez grandes longueurs le gîte est vertical. De semblables variations dans l'inclinaison s'observent aux autres niveaux. Il est difficile d'évaluer la puissance réduite moyenne de la couche du Zaccar, d'abord à cause des variations de son inclinaison et de son épaisseur totale, et ensuite à cause des intercalations de calcaire qui se présentent au milieu du minerai. Mettant à part les zones où le gîte paraît complètement serré, on peut dire que par places