Annales des Mines (1911, série 10, volume 20) [Image 202]

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LES CATASTROPHES DU PUITS WEST STANLEY

Grisou. — La mine était, à n'en point douter, franchement grisouteuse, mais il. est difficile de préciser cette indication générale; car, comme dans la plupart des houillères anglaises, on ne pratiquait aucune mesure grisoumétrique. On n'a jamais fait d'analyses de l'atmosphère des retours d'air. On peut seulement, par les témoignages qui ont été produits au cours de l'enquête et aussi, dans une certaine mesure, par quelques indications figurant sur les. registres de la mine, avoir une idée de la fréquence et de l'importance des constatations de grisou faites à la lampe ordinaire. Il résulterait de ces sources de renseignements, que le grisou n'était pas constaté en quantités notables à la lampe ordinaire dans les courants mêmes de retour d'air (in the body of the air current), mais manifestait sa présence en plus ou moins grande abondance en des points particuliers. On a signalé comme particulièrement grisouteux les chantiers voisins des failles; toute une partie de la grande taille de Top Yard, comprenant précisément des chantiers aérés en cloche, arrivait au contact de la faille Est-Ouest ; ces chantiers étaient fréquemment envahis par le grisou, au point que tout travail y devenait impossible, et l'un des surveillants, interrogé à ce sujet, a pu déclarer qu'à son avis le gaz arrivait en telle abondance que tout renforcement de la ventilation eût été inefficace. Les culs-de-sac des voies de traçage, qui, en principe, auraient dû être ventilés au moyen de cloisons en toile, lorsqu'ils atteignaient une certaine longueur,' mais qui souvent, semble-t-il, ne s'aéraient que par diffusion, ont été parfois, mais pas toujours, signalés comme grisou-' teux. A coup sûr, le quartier de South Plodder ne devait pas être très grisouteux pour qu'on ait pu y pousser un traçage en couche, avec un cul-de-sac de 108 mètres, sans aucune cloison ou conduite d'air ni aucun moyen de ventilation secondaire ; mais d'autres traçages moins longs,

ET DU PUITS PRETORIA

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n'ayant que 27 et 62 mètres de longueur, poussés vers l'Est du quartier North Plouder, ont donné lieu, quelque temps avant l'accident, à de forts dégagements de grisou. Enfin le grand roulage de North Plodder était tracé, avec 16 mètres d'avancé sur le front de taille n° 1, par une taille de 11 mètres de large, dont l'aérage en cloche était réalisé par une dérivation du courant principal, au moyen d'un boyau ménagé entre le massif de charbon etles murs de pierres du remblai. En principe une toile, suspendue en travers de la communication reliant la taille au, roulage, forçait l'air à se diriger vers ce chantier. Dans ces, conditions, d'après des mesures faites après l'explosion, 25 p. 100 du débit devait monter vers la taille. Mais la toile était relevée pendant les opérations de chargement à l'aide du convoyeur . Ce traçage était un des points notoirement grisouteux. Le front était assez large pour faire casser le faux toit et mettre les travaux en communication avec la petite couche supérieure; or cette petite couche est très grisouteuse ; et, surtout dans ce quartier où elle n'était pas systématiquement drainée, il était bien connu que tout éboulement du faux toit, ou même toute mise en charge, étaient suivis d'importants dégagements de grisou. Nous, avons visité ce chantier après l'explosion, le premier jour où l'on y put accéder ; la taille était encore pleine de gaz, et. l'on entendait chanter le grisou, comme s'il sortait d'un souffiard. M, Redmayne, qui rédigea le rapport administratif sur l'accident du puits Pretoria, visita ce chantier 51 jours plus tard et constata que le grisou y marquait fortement à la lampe ; mais il ne signale dans son rapport aucune observation de souffiard. A part quelques lampes au voisinage dos puits, l'éclairage était uniquement assuré, depuis quelques mois, par