Annales des Mines (1909, série 10, volume 15) [Image 102]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

196

LES POUSSIÈRES DE HOUILLE

s 'effectue de diverses manières, par exemple au moyeu d'un tuyau horizontal percé de trous et occupant, à l'arrière, toute la largeur du wagonnet, analogue à ceux qui sont adaptés aux voitures d'arrosage des rues. Le tuyau percé de trous peut être également de forme circulaire et entourer le réservoir, de manière que le liquide soit projeté dans tous les sens. Certains appareils portent un tube flexible permettant, au moyen d'un ajutage approprié, de lancer l'eau sous forme d'une pluie fine. Aux houillères de MM. Partridge, Jones and G 0 , l'appareil d'arrosage porte une roue percée d'orifices sur toute la périphérie et dont la rotation rapide, commandée par un engrenage, projette l'eau à un état de grande division.

Fixation dê la poussière. — Le chlorure de calcium a été préconisé à l'effet d'agglutiner la poussière, eu égard à son pouvoir d'absorption de l'humidité atmosphérique. Cette application n'est pas nouvelle : MM. Mallard et Le Chatelier, dans leur mémoire publié en 1882(*), signalaient l'échec des essais tentés à Saint-Étienne, en 1866. De nombreuses expériences furent faites, en Angleterre également, on l'idée avait été mise en avant par Sir George Gabriel Stokes. Actuellement, le chlorure de calcium semble jouir d'un regain d'actualité, provenant sans doute des bons résultats qu'il a permis d'obtenir, quant à la poussière produite sur les voies publiques par la circulation des automobiles : à Washington, l'arrosage des rues est. pratiqué au moyen d'une solution à 5 p. 100. L'opération, réitérée cinq fois seulement au cours de l'été dernier, aurait suffi pour atteindre le but recherché, tout en rendant plus doux le roulement des véhicules. Au total, la dépense faite n 'a (*) Annales des Mines, 8° série, t. I.

LES POUSSIÈRES DE HOUILLE

197

pas dépassé 13 centimes au mètre carré. M. l'Inspecteur H. Hall a constaté les résultats excellents obtenus par le même procédé, à Rainhill (Lancashire) et s'est déclaré partisan de son emploi dans les mines. Le prix en est élevé : la dépense à effectuer atteint 17 fr. 80 les 100 mètres, pour une galerie mesurant 3 mètres de largeur. On jette simplement le sel à la 'volée. D'après M. Hall, F application assurerait la sécurité, pour une période de trois mois. Aux houillères de MM. Andrew Knowles et fils, près Manchester, des essais d'arrosage ont été faits au moyen d'une solution dont le degré de concentration n'était pas inférieur à 11 p. 100. M. H. Bramall, directeur, estime que, pour maintenir en permanence les poussières dans un état convenable d'humidité, l'opération doit être pratiquée deux fois par semaine. Qu'il nous suffise d'appeler l'attention sur la différence qui existe entre cette appréciation et celle de M. Hall. Chacune des applications revient à 12 fr. 50 les 100 mètres, si l'arrosage est total, et à la moitié, s'il se borne au sol. Pour les 37 kilomètres de voie à traînage mécanique que comportent les dix sièges d'exploitation, la dépense annuelle ne serait pas inférieure à 481.000 francs. A sec, le chlorure de calcium est préconisé spécialement pour les galeries qui ne peuvent supporter l'action de l'eau sans subir de dommages trop considérables, ainsi que pour les points de la mine éloignés on peu accessibles. Mais il convient de remarquer qu'en empruntant à l'atmosphère l'humidité qui vient agglutiner les poussières, aux endroits où le sel hygroscopique est déposé, celui-ci augmente notablement la tendance du courant d'air à. absorber l'humidité, au cours du trajet qu'il lui reste à effectuer. Théoriquement donc, on arrive a une diminution de la sécurité. Plusieurs autres matières ont été proposées à l'effet