Annales des Mines (1905, série 10, volume 8) [Image 211]

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EXPÉRIENCES DE FRAMERIES

l'explosion, même en vase clos (p. 253, 261 et 274 du Rapport de Mallard), et que l'on peut avoir, dès lors, des résultats assez irréguliers ; 3° Enfin, pour les mélanges contenant des corps combustibles, tels que la poussière de houille, la farine, etc., elle a redouté des combustions intempestives de ces corps additionnels à l'air libre (p. 236 du Rapport de Mallardj. C'est aussi la même préoccupation qui a fait insérer dans l'Arrêté ministériel français du 1 er août 1890 (art. 2) la condition que « les produits de détonation des explosifs de sûreté ne doivent contenir aucun élément combustible tel. que l'hydrogène, oxyde de carbone, carbone solide, etc.. » Les expériences multiples de Frameries sur les explosifs au sulfate de soude hydraté et au chlorhydrate d'ammoniaque paraissent montrer que ces explosifs se comportent bien comme des explosifs de sûreté, conformément aux résultats pratiques obtenus par la Commission française ; les essais encore plus nombreux de Gelsenkirchen et de Frameries sur les mélanges contenant de la farine de blé, de seigle ou de bois, semblent prouver, d'autre part, que les craintes de la Commission, française sur l'inflammation possible de ces corps combustibles sont, sinon sans fondement, tout au moins très exagérées. . ->. .. Si. donc les explosifs susdits présentaient une supériorité réelle au point de. vue de la puissance sur les mélanges au nitrate d'ammoniaque, le devoir de l'Administration française serait de reviser l'Arrêté ministériel du i" août 1890 pour ne pas priver nos exploitants de ces avantages. Mais, contrairement à ce qui semble ressortir des conclusions de MM. Watteyne et Stassart. l'effet utile de ces explosifs est, au contraire, inférieur à celui des explosifs au nitrate d'ammoniaque. 11 suffit, pour s en convaincre, de reprendre les chiffres de la colonne intitulée: « Poids équivalent en énergie à 10 grammes dedyna-

RÉSULTATS OBTENUS AVEC LES EXPLOSIFS DE SURETE

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mite n° 1 », dans le tableau récapitulatif de MM. Watteyne et Stassart. On voit ainsi que ce poids équivalent est de 10 g;i',56àl3sr ,67pourlesexplosifs au nitrate d'ammoniaque : dynamite de sûreté, Westphalite, Wallonite, Favier II et IV, tandis que ce poids atteint : 18 gr ,08 pour la dynamite antigrisouteuse V au 'sulfate de soude ; 19 gr ,16 pour la grisoutine II au sulfate de soude et à la farine de bois ; 17 gr ,97 pour la Kohlencarbonite et 15 s ',51 pour le Sécurophore III, tous les deux à la farine. Les graphiques du paragraphe 3 du Rapport de MM. Watteyne et Stassart (p. 68 de ce rapport) semblent, ilest vrai,, attribuer une puissance très supérieure à ces deux derniers explosifs, mais ce n'est là qu'une apparence. Les auteur sont , en effet, pris comme terme de comparaison la puissance de la charge-limite de chaque explosif, au lieu de prendre celle de l'unité de poids, qui est, au point de vue économique, la seule intéressante pour l'exploitant; il en résulte que la puissance de la Kohlencarbonite, ainsi éva^ luée. est 12 fois plus grande que celle du Favier II, parce que la Kohlencarbonite aune charge-limite de 900 grammes, et le Favier II de 50 grammes. Sous le même poids, c'est au contraire le Favier II qui a une puissance 1,5 fois plus grande que la Kohlencarbonite. C'est ce qui explique sans doute pourquoi les exploitants français, bien qu'ils aient eu connaissance depuis longtemps des résultats obtenus par M. 'Heise avec les. Garbonîtes I et II et la Kohlencarbonite, n'aient jamais demandé de les expérimenter, même à titre d'essai, dans les travaux grisouteux : les tableaux de M. Heise, reproduits dans notre note de décembre 1898, indiquaient l'infériorité comme puissance de ces explosifs à forte chargelimite. D'ailleurs, dans les houillères françaises, la charge des coups de mines est presque toujours peu élevée; elle