Annales des Mines (1904, série 10, volume 6) [Image 94]

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LES CHARBONS

gisement à l'autre : les charbons exploités en contiennent de 3,5 à 10 p. 100. Il y a souvent beaucoup d'eau, ce qui abaisse la valeur de charbons qui, d'autre part, seraient assez purs. Quant au soufre, il y en a généralement peu, sauf à Miike. Le charbon est moyennement friable dans le bassin de Chikuho; celui de Tagawa y est même assez dur. Dans lesmines de ce bassin, on obtient de 35 à 60 p. 100 de gros supérieur à 30 millimètres. On remarque très souvent trois clivages, dont deux sont rectangulaires à arête verticale, le troisième étant généralement dans le plan de la couche qui fait 100 à 110° avec la verticale. AMiike, au contraire, le charbon est vraiment friable et ne présente pas de clivages nets. La proportion de gros n'y dépasse jamais 40 p. 100. Les charbons japonais ne se classent donc pas en types bien distincts. Ils sont tous très gras et ne se différencient que par les variations de leur pureté et de leur pouvoir calorifique. Parmi les charbons les plus réputés et qui se distinguent des autres, il faut citer celui de Miike, dont le pouvoir calorifique est le plus élevé, malgré sa teneur en soufre; celui de Takashima, très pur; celui de Tagawa (bassin de Chikuho), pur et solide; celui de Namazuta (même bassin), qui s'agglomère bien au feu; enfin celui d'Hokkaido, qui est très pur et solide. 2. Prix de vente. — On vend d'ordinaire le charbon en gros et en menus inférieurs à 30 millimètres; ces deux sortes ont des destinations différentes. Le gros de première qualité, comme celui des mines citées plus haut, est vendu à la marine de guerre japonaise et aux Compagnies de navigation étrangères. C'est lui que l'on exporte surtout. Comme prix de vente, nous pouvons citer les prix franco à bord qui existaient dans le courant de 1903 :

DU JAPON, DU PETCHILI ET DE LA MANDCHOORIE

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Francs

Charbon — — — —

de Miike, franco à bord à Kuchinotsu Tagawa, Namazuta, franco à bord à Moji.. . Karatsu, franco à bord à Karatsu Takashima, franco à bord à Nagasaki Hokkaido, franco à bord à Muroran

15,50 à 23 13 à 21 13 à 21 18 à 23 19 à 24

C'est à Moji que l'on peut avoir au meilleur compte du charbon exportable. Les menus de première qualité et le gros de deuxième qualité produit par des couches moins pures, surtout dans le bassin de Chikuho, sont vendus aux Compagnies de navigation japonaises, aux chemins de fer, usines, etc. Les prix sont inférieurs de 5 à 7 francs à ceux du gros de première qualité. Le menu de deuxième qualité est consommé à la mine, ou vendu à bas prix pour la cuisson des briques, les usages domestiques, etc. Son prix ne s'élève guère au-dessus de 5 à 7 francs par tonne. Les prix de vente du gros de première qualité à Moji ne sont pas très élevés au-dessus du prix de revient moyen du tout-venant; les prix de vente des menus et du gros de deuxième qualité, qui forment plus de 70 p. 100 de la production, lui sont souvent inférieurs. Le bénéfice de l'exploitant n'était donc pas très élevé dans le courant de 1903, bien que les prix se fussent notablement relevés depuis 1902. Aussi les exploitants songeaient, l'été dernier, à relever les cours grâce à une entente pour réduire la production. La conclusion d'une telle entente, qui n'était pas faite en octobre 1903 et qui d'ailleurs n'est plus en question, pouvait être simplifiée par ce fait que le marché du charbon est aux mains d'un petit nombre de grandes entreprises. La plus importante est la C ie Mitsui. L'extraction et la vente du charbon n'est que l'une des nombreuses affaires dont s'occupe la famille Mitsui; elle dirige, en outre, une