Annales des Mines (1901, série 9, volume 19) [Image 8]

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NOTE SUR LE BASSIN HOUILLER DE LA BOUBLE

et la continuité tout à fait remarquable des liens blancs constituent l'un des caractères distinclifs des couches de Saint-Éloy. Les rochers blancs extérieurs aux couches sont moins réguliers, surtout celui qui forme le mur do la couche du Centre, et qui atteint par endroits des épaisseurs considérables; mais la pâte de ces diverses roches, avec quelques légères variations dans la nuance ou la cassure, est toujours une pâte porphyrique plus ou moins kaolinisée, qui [tarait, de prime abord, une. anomalie surprenante au milieu de terrains sédhnentaires. Il est probable que l'origine de ces bancs se rattache aux manifestations éruptives qui ont précédé ou accompagné la formation du bassin houiller. Nous signalons à cet égard la lentille de tufs orthophyriques du culm qui existe aux Bayons, à la lisière Est des mines de Saint-Éloy, et les nombreux pointenients de porphyrite micacée ou de microgranite qui, beaucoup plus au Sud, jalonnent la bordure Est du bassin, depuis le Chazal jusqu'au Vernadel. En raison même de cette abondance des roches éruptives dans le bassin de la Bouble, la présence de ((rocher blanc» à d'autres étages que celui des couches de Saint-Éloy n'aurait rien d'invraisemblable, et nous croyons savoir qu'en effet des explorateurs s'y sont déjà trompés. Quant aux schistes bitumineux du toit, ils fournissent aussi un caractère non négligeable du faisceau de SaintÉloy, et la découverte de ces schistes a été, au puits Tollin, l'annonce de la houille; mais il convient de mentionner que des schistes plus ou moins bitumineux ont été rencontrés sur divers points du bassin de la Bouble sans y être suivis des couches de Saint-Éloy. C'est ainsi que le puits Michelin a traversé, vers la profondeur de 77 mètres, une épaisseur d'environ 7 mètres de schistes bitumineux, qui ont été analysés à la cornue d'essai de Buxières-les-Mines.

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A défaut d'huile en quantité appréciable, ces schistes ont donné du gaz inflammable et de 2 kilogrammes à 5 kilogrammes de sulfate d'ammoniaque par tonne de minerai. Assurément, les schistes du toit des couches aux mines de Saint-Éloy et de la Bouble renferment des assises beaucoup plus bitumineuses qui seraient même exploitables; mais ces assises bitumineuses n'occupent que la base de la formation et se réduisent parfois à presque rien. Tel a été le cas au puits n° 3 de la Bouble, dont la distance au puits Tollin n'est cependant que de 65 mètres. En définitive, le toit des couches est formé par un étage de schistes fins rubanés, dont les assises de base sont bitumineuses avec une puissance et un rendement très variables. Un autre caractère (les couches de Saint-Éloy est la nature du charbon, qui se range, par sa composition chimique et ses propriétés, dans la catégorie des houilles sèches à longue flamme. Aux mines de Saint-Éloy, la teneur en matières volatiles du charbon pur, déduction faite des cendres, s'élève en moyenne à 40 p. 100 pour toute l'exploitation, sauf à l'Extrême-Ouest (relèvement de la Chaud), où elle est inférieure de 2 unités à ce chiffre de 40 p. 100. Aux mines de la Bouble, la teneur en matières volatiles des couches de Saint-Éloy n'est que de 37 à 38 p. 100; mais ce qui différencie surtout la houille de la Bouble, c'est qu'elle est moins oxygénée, plus riche en hydrocarbures et que ses gaz sont éclairants. C'est une bonne houille à gaz, qui se vend comme telle aux usines, et qui donnerait même du coke métallurgique — un peu friable, il est vrai — si l'on n'était pas arrêté par le rendement trop faible de l'opération. L'aspect diffère aussi : le charbon de la Bouble est assez brillant, celui de Saint-Éloy est terne en général, sauf dans le relèvement de la Chaud, où il tient, comme on l'a vu, un peu moins de matières volatiles que dans le reste