Annales des Mines (1900, série 9, volume 18) [Image 237]

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FONÇAGE PAR CONGÉLATION DU PUITS N°

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Mais un autre incident vint, à ce moment, compliquerla situation. Dans la nuit du 4 au 5 mars, à une heure et demie du matin, il se produisit, très probablement par suite d'une ancienne rupture de tube, une fuite très importante de ■chlorure dans le terrain. Toute la dissolution de chlorure qui remplissait les cuves disparut en un instant . Il fallut arrêter toute l'installation frigorifique et vérifier tous les tubes-circuits, pour reconnaître ceux d'entre eux qui étaient rompus, puis remplacer la liqueur de chlorure de calcium. Comme l'on craignait que la liqueur se fût déversée à l'intérieur du puits, ce qui aurait pu nuire à la recongélation de la fissure et même la rendre impossible, on fit des analyses de l'eau provenant du fond •du puits. Ces recherches permirent de constater qu'elle ne contenait qu'une proportion insignifiante de chlorure de calcium, incapable de nuire sérieusement à la congélation; les essais hydrotimétriques de l'eau du fond du puits ne révélèrent que l sr ,055 de chlorure de calcium dissous par litre. L'opération la plus longue fut la vérification de l'état des circuits. Il fallut sortir toutes les colonnes de petits tubes, et plusieurs d'entre elles furent trouvées rompues. Cela tenait à l'emploi de tubes ayant déjà servi et dont le métal avait été corrodé par un trop long séjour dans la liqueur de calcium. On eut, entre autres, beaucoup de peine à sortir la colonne de petits tubes du sondage 2 ter. Cette colonne s'était brisée, et une partie était retombée dans la colonne des gros tubes. Après plusieurs essais infructueux, au cours desquels deux cloches de sauvetage étaient restées calées dans la colonne des gros tubes, on parvint néanmoins à retirer tout ce qui l'obstruait, et le circuit 2 ter put être remis en marche, le 28 mars. Les colonnes de petits tubes des sondages 1 bis, lOter, 9, 19, 2 ter, 8 ter, étaient rompues.

DE LA MINE DE FER D'AUBODÉ

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On remarqua, en outre, que, dans plusieurs sondages, lorsqu'on voulut redescendre les colonnes de petits tubes, il fut impossible de les faire pénétrer jusqu'au fond ; il s'était produit, à la base des colonnes, un dépôt dérouille et de vase sur une hauteur assez grande. Il fallut, pour plusieurs sondages, recouper de 1 ou 2 mètres la colonne de petits tubes, ce qui réduisait d'autant la profondeur utile du tube-circuit. Quant aux colonnes de gros tubes, elles avaient été vérifiées en les remplissant de chlorure de calcium et en observant si le niveau s'abaissait. On avait reconnu ainsi que les tubes 7 et 17 étaient brisés. Ces circuits furent réparés par colonnes de secours. Tous ces travaux furent poussés avec la plus grande activité, et, le 15 mars, il y avait déjà trois circuits rétablis prêts à fonctionner : les n cs 18 bis, 20 bis et 22, qui se trouvaient dans la région où la venue d'eau s'était déclarée. Ce même jour, on remit en marche une des machines à glace ; mais on fut obligé de l'arrêter, car les circuits étaient trop peu nombreux. Le lendemain 16 mars, la machine à glace fut remise en marche avec neuf circuits : 6 bis, 10 bis, 12 bis, 14 bis, 20 bis, 22, 1 ter, 3 et 5. Les autres circuits furent successivement remis en route, les n os 11, 13, 15, 19 ter, 4 bis, 6 bis, 10 bis, 18 bis, le 17 mars; le n° 1 bis, le 18 mars; le n° 10 ter, le 21 mars; le n° 7, le 20 mars; le n° 9, le 21 mars; le n" 19, le 22 mars ; le n° 8 ter, le 26 mars; le n° 2 ter, le 28 mars. On descendit aussi à l'intérieur du puits une colonnecircuit supplémentaire en face de la région du 18 bis et du 20 bis. Elle fut mise en marche le 27 mars ; mais elle ne givra jamais et fut retirée après quelques jours. Pour compléter les indications relatives à ces divers