Annales des Mines (1900, série 9, volume 17) [Image 321]

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NOTE

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COMMISSION

DU

SUR

LES

TRAVAUX

DE

LA

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COMMISSION

GRISOU

Explosions retardées de grisou ni te. — A la suite de quelques accidents survenus dans l'emploi de la grisounitecouche Favier (95,5 p. 100 d'azotate d'ammoniaque et 4,5 p. 100 de trinitrouaphtaline) et attribués, sans d'ailleurs aucune preuve très décisive^ à des« explosions retardées », la Commission du grisou, saisie de ces faits par le Ministre des Travaux publics, a entrepris l'étude des conditions dans lesquelles peuvent se produire les ratés dans l'emploi de ces explosifs à très basse température de détonation. Cette étude, commencée en 1896 par l'un des membres de la Commission du grisou, M. 'Sarrau, a donné lieu à des expériences poursuivies à sa demande en 1897 et 1898 à la poudrerie d'Es'querdes : elle a fait l'objet do deux rapports de M. Sarrau insérés aux xinnales des Mines (*) et aboutissant à cette conclusion, d'un haut intérêt pratique, que la décomposition fusante des explosifs à basse température de détonation peut se produire, très difficilement d'ailleurs, notamment sous l'action d'une amorce trop faible, mais que, dans aucun cas, elle ne se transforme en décomposition explosive ; le fonctionnement explosif des grisounites ne présente donc aucune particularité de nature à en restreindre l'emploi. 3° Limitation de la charge des coups de mines. — La réglementation du 4 e ' août 1890 avait été acceptée sans réserves par la plupart des exploitants de mines, et son exécution n'avait, en somme, rencontré aucune difficulté sérieuse dans la pratique. Toutefois, dans ces dernières années, quelques exploitants ont présenté diverses observations sur la gêne résultant de l'emploi des explosifs de sûreté dans les couches minces, oùlesautage du mur exige (*) Accidents survenus par suite d'explosions tardives de cartouches de grisounite (Ann. des Mines, IX» série, t. X, p. 126). — Rapport suides expériences relatives à la détonation des grisounites Favier (Ann. des Mines, IX- série t, XV, p. 232).

parfois des explosifs très puissants, ce qui entraîne l'obligation, avec des explosifs faibles à 1.500°, dé multiplier le nombre des coups de mines et risque, d'après eux, d'accroître les accidents dus aux explosifs dans la préparation des coups de mines. . L'Administration supérieure a fait faire à ce sujet, en 1898, une enquête approfondie par les services locaux des mines, sur les conditions d'emploi des explosifs de sûreté dans les mines grisouteuses, et la convenance ■d'apporter des modifications à la réglementation du 1" août 1890. Consultée sur la suite que comportait cotte enquête, la Commission du grisou, dans ses séances des 20 mai et ■6 juillet 1899, a fait une étude attentive des différents points que soulevait la question posée par le Ministre des Travaux publics. Elle avait, d'ailleurs, dans le même ordre ■d'idées, chargé précédemment son Secrétaire de résumer les recherches récentes concernant les explosifs de sûreté dans une note, qui a été insérée aux Annales des Mines (*). Dans cette étude, l'auteur, après avoir examiné les résultats obtenus en Angleterre, en Belgique et en Allemagne, notamment par MM. Winkhaus et Heise, avait conclu que les expériences faites depuis dix ans sur les explosifs de sûreté laissent subsister tout entières les conclusions de la Commission française et qu'il n'y a pas lieu, quant à présent, de remplacer le mode de classification si simple des explosifs adopté en France par d'autres méthodes dont la supériorité ne paraît pas démontrée. La Commission, partageant cette manière de voir, a | été d'avis que l'on devait conserver intactes les bases de la réglementation du 1 er août 1890, mais que l'on pouvait, dans la pratique, étendre par voie d'espèce les dérogations aux règles prescrites par cet arrêté, moyennant des (*) Note sur les recherches récentes concernant les explosifs de sûreté, par M. G. CHESXEAL- (Ann. des Mines, 1899, IX» série, t. XV, p. 263). Tome

XVII,

1900.

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