Annales des Mines (1900, série 9, volume 17) [Image 251]

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BULLETIN

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Pour faciliter l'abatage et le transport, on fait partir du plafond de ces galeries, de 6 en 6 mètres environ, des remontées qui viennent aboutir au jour, et on les munit à leur partie inférieure de trémies pour le chargement des wagonnets. Cela fait, on élargit en entonnoir la partie supérieure des remontées ; le lignite abattu tombe dans celles-ci et est évacué directement dans des wagonnets par les trémies. Les entonnoirs voisins se rejoignent bientôt par leur partie supérieure ; on régularise le front dans l'intervalle et on abat, à la manière ordinaire, la masse de lignite qui reste à la base de la tranche. En travail normal, la production journalière d'une équipe, formée d'un piqueur, d'un aide et d'un rouleur, est de 180 wagonnets contenant 5 hectolitres chacun. On emploie souvent des tractions mécaniques à chaîne sans fin pour relever les wagonnets à la surface et les conduire ensuite aux usines à briquettes. L'écoulement des eaux s'effectue parfois naturellement, par des galeries de grande longueur, aboutissant à la vallée de l'Erft; d'autres fois, l'épuisement se fait au moyen de pompes à vapeur, à action directe, ou plus rarement par pulsomètres. La production du bassin de l'Erft s'est développée très rapidement dans ces dernières années. De 1.682.000 tonnes, en 1898, elle s'est élevée à 2.700.000 tonnes environ en 1898; ce qui correspond à une augmentation de 60 p. 100 en quatre années. Cette augmentation est due, pour une forte partie, au développement de la fabrication des briquettes, dont le chiffre est passé de 123.000 tonnes, en 1890, à 630.000 tonnes, en 1898. Le relèvement du prix de la houille y a également contribué dans une certaine mesure, surtout vers la fin de la période considérée. A l'état brut, le lignite du bassin de l'Erft soutient difficilement la concurrence des houilles de bonne qualité, telles que celles du bassin westphalien. Son pouvoir calorifique serait assez élevé, à l'état sec; mais, en pratique, il est singulièrement abaissé par la forte proportion d'eau contenue dans le combustible au sortir de la mine. D'après des essais de vaporisation en grand, faits en 1894 par M. Nolte, ingénieur en chef de l'Association des propriétaires à vapeur de la région rhénane moyenne, 1 kilogramme de lignite, sortant de la mine, vaporiserait seulement 2 k »,68 d'eau, sous une pression de S k s,4 par centimètre carré. Des déterminations antérieures avaient donné des chiffres encore moindres. On peut donc admettre qu'il faut 2 k s,75 à

3 kilogrammes de lignite pour obtenir, au point de vue de la production de vapeur, un résultat équivalent à celui que donnerait un kilogramme de houille de bonne qualité. Encore la comparaison, établie dans ces termes, est plutôt trop avantageuse pour le lignite, car l'emploi de celui-ci exige l'installation de grilles à gradins ou d'autres grilles spéciales, combinées de manière à empêcher que le combustible ne tamise trop facilement en se délitant au feu. Tan que le prix de la houille est resté peu élevé en Westphalie, la consommation du lignite a été limitée au voisinage immédiat des exploitations. Le prix de vente de ce combustible est ordinairement de 2 marks sur le carreau de la mine; il est réduit, pour les expéditions à une certaine distance, de manière à permettre de vendre à Cologne, par exemple, le lignite 3 marks la tonne. Avec le relèvement actuel du prix de la houille, la lutte est possible dans ce centre imporlant de consommation. Plus près des mines, l'avantage reste au lignite, dont la consommation se développe de jour en jour dans toutes les usines qui n'ont pas besoin de réaliser des températures très élevées. Le lignite du bassin de l'Erft présente l'avantage de brûler sans fumée et de donner des cendres calcaires permettant un décrassage facile. Ces cendres contiennent assez de potasse (0,0023 en moyenne) pour avoir pu être utilisées comme engrais. Pour faire disparaître les inconvénients dus à la présence d'un excès d'eau et à l'état de division du combustible, on a eu l'idée de faire perdre à celui-ci, par dessiccation, une partie importante de son eau hygrométrique et de le mouler ensuite en briquettes, sans addition d'aucun élément agglomérant et par la seule action d'une compression qui peut atteindre 1.200 kilogrammes par centimètre carré. La matière première est fournie par les menus provenant de la partie moyenne de la couche, mélangés parfois d'une certaine proportion de gros extrait de la partie inférieure, lorsque la vente de ce dernier produit ne s'effectue pas facilement. La partie supérieure du gîte est ordinairement trop spongieuse et trop chargée, d'eau pour être utilisée autrement que pour la produc1 tion de la vapeur. Le lignite destiné à la fabrication des briquettes doit être du lignite compact, exempt de bois fossile et ramené à une grosseur de grain comprise entre 3 et b millimètres. La séparation du bois fossile s'effectue par triage sur une grille, Tome XVII, 1900. . 35