Annales des Mines (1900, série 9, volume 17) [Image 88]

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ET LE SYSTÈME SACCARDO LA VENTILATION DES TUNNELS

comme il termine une rampe continue et uniforme de 13km ,5, presque entièrement formée de tunnels plus ou moins longs, la situation est aussi mauvaise que possible, soit au point de vue des conditions de la combustion sur les grilles encombrées de mâchefer, soit au point de vue de la situation du personnel déjà éprouvé par la traversée de ces souterrains successifs. Le mouvement quotidien comporte 24 trains ordinaires et 24 trains facultatifs militaires. L'appareil Saccardo a été installé à l'orifice d'amont du tunnel de l'Apennin et disposé de façon à diriger le courant d'air contre les trains montants. Il se compose d'une chambre annulaire CC (Pl. V, fig. 1), ménagée à la tête du tunnel, raccordée au diffuseur dd d'un ventilateur et prolongée par une buse bb de 4 m'2 ,9 de débouché. Les parois latérales extérieures, ainsi que le fond amont de la chambre annulaire, sont en maçonnerie; la couverture, le raccord au diffuseur et les parois latérales intérieures sont en charpente. Le ventilateur, du type Ser, mesure 4 m ,90 de diamètre. Cette installation a été soumise, de juillet à décembre 1894, à toute une série d'essais, sous le contrôle d'une Commission de cinq membres (*), suivant le programme ci-dessous. On s'est proposé de déterminer la différence de pression qui doit exister entre les deux extrémités du tunnel pour produire un courant d'air de vitesse donnée soit dans le tunnel libre, soit dans le tunnel parcouru par des trains, la pression à développer par le ventilateur et la force motrice nécessaire pour produire dans chaque cas une pression utile donnée, enfin les conditions de respirabilité à réaliser. Ces essais ont permis une (*) Commandeur G. liussi, Inspecteur général des Chemins de fer d'Italie, président ; MM. Orosa, Inspecteur des Chemins de fer ; Scolari, Stocchi et Segre, Ingénieurs de la Compagnie des chemins de fer méridionaux.

détermination précise et nouvelle du coefficient de résistance des parois du tunnel et de celui des parois d'un train au mouvement de l'air; ils ont, en outre, fourni une vérification satisfaisante d'une théorie du système Saccardo et un appoint aux renseignements déjà recueillis sur les conditions de respirabilité de l'air des tunnels. Les appareils de mesure présentaient quelques dispositifs intéressants; nous les décrirons sommairement. Pour les mesures de pression, on a fait usage de deux manomètres enregistreurs à flotteur, mis en relation l'un avec la chambre annulaire de l'injecteur, l'autre avec le tunnel, en un point situé à 30 mètres environ du débouché de l'injecteur. La section du tube à flotteur, en 1 communication avec l'atmosphère, était le — environ de

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la section du tube où s'exerçait la pression inconnue. La densité du liquide du manomètre était de 1,02, en sorte que la course du style fixé au flotteur était égale à la hauteur d'eau équivalente à la différence de pression à mesurer, multipliée par le coefficient 0,833. Ce style était constitué par un tube de verre effilé qui communiquait par un siphon avec le liquide du manomètre ; l'alimentation en était ainsi très régulière. Des conduites en plomb de 0 m ,02 de diamètre reliaient ces manomètres aux prises de pression. Celles-ci étaient réalisées à l'aide de cylindres ouverts aux deux extrémités, orientés parallèlement à la direction moyenne du courant, et dans la paroi desquels débouchait normalement la conduite du manomètre. Pour les mesures de très faibles différences de pression, on pouvait insérer sur la conduite un multiplicateur de pression constitué par une balance au fléau de laquelle étaient suspendues deux cloches à eau de diamètres différents, telles que la plus petite transmît au manomètre une différence de pression quatre fois plus forte que celle qui tendait à provoquer la levée de la plus grande.