Annales des Mines (1896, série 9, volume 9) [Image 140]

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NOTICE NÉCROLOGIQUE 272 tèrent ignorés, et les géologues continuèrent à établir leurs .déterminations sur des bases incertaines et insuffisantes.

SUR ÉMILE BAYLE

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envoyaient le produit de leurs recherches, et demandaient. ses conseils ; par ses soins incessants, la collection de -

D'autres sujets d'étude avaient également attiré l'attention du jeune et brillant professeur. En 1846, il va examiner à Alger les nombreux échantillons de fossiles recueillis par M. Fournel, ingénieur en chef des Mines, le premier et il publie le résultat de son examen dans Dans cet volume de La Richesse minérale de l'Algérie: ouvrage il décrit et figure un certain nombre de formes

paléontologie de l'École des Mines se constituait peu à.

par les explorateurs de cette colonie lui permirent de collaboration avec M. Ville, une publier, en 1854, en

déjà réunis. A ce moment, l'activité du professeur paraît se ralentir son oeuvre, son oeuvre écrite du moins, s'interrompt presque brusquement. Le quatrième volume de l'Explication de la Carte géologique de la France, dans lequel il devait nous faire connaître les fossiles caractéristiques des divers terrains, reste inachevé ; la magnifique série des-

nouvelles, inaugurant ainsi ce nouveau champ de recherches ouvert à l'activité de nos géologues. Les matériaux nombreux qui lui étaient communiqués

d'Alger. La notice géologique sur les provinces d'Oran et collection d'osmême année, il faisait connaître une riche près de Conssements fossiles recueillis par Dubocq tantine.

Ajoutons encore à ces travaux divers la description.

recueillis qu'il publia avec Coquand d'une série de fossiles dans les Mémoires de au Chili par Domeyko et qui parut 1851 . la Société géologique en de

C'est le moment le plus brillant de la carrière Bayle. Sn cours à l'École des Mines attirait l'attention

de tous les savants ; sa parole claire et précise savait Desrendre attrayantes les descriptions les plus arides. revivre, sous les sinateur hors ligne, il excellait à faire antiques créatures yeux de ses auditeurs émerveillés, les disparues. plutôt que par Les élèves suivaient son cours- par plaisir, devoir, et il est resté pour tous ceux qui ont eu l'honneur un modèle bien difficile à

(l'écouter ses leçons, comme imiter.

géologues, séduits par son -activité

De toutes parts, les études si difficiles, lui et par l'ardeur qu'il apportait à ces

peu : de Koninck lui donnait la belle collection de fossiles.

carbonifères qu'il avait patiemment formée, estimant que

les nombreux types qu'il avait figurés y seraient plus. utilesaux géologues, mieux appréciés que dans son pays natal. Puzos lui léguait une collection d'Ammonites incom-

parable à cette époque et dont l'importance est encore. considérable aujourd'hui. Michelin suivait cet exemple,. et, à sa mort, sa belle collection d'Échinides fossiles. venait s'ajouter aux riches matériaux que Bayle avait

planches qui devait l'accompagner ne verra le jour que

bien longtemps après, et il ne pourra que nous faire regretter plus vivement que l'oeuvre entrepriSe ait été abandonnée.

Et cependant, jamais Bayle n'avait été plus ardent au travail : arrivé le premier dans son laboratoire de l'École

des Mines, il en sortait le dernier, et il n'interrompait ses travaux de préparation et de classement que pour nous guider dans nos recherches ou nous aider de ses conseils.

C'est que, renonçant avec une abnégation rare à ses travaux personnels, il avait résolu de se consacrer tout entier à cette collection de l'École des Mines qu'il avait formée peu à peu, -et dont il voulait faire une collection modèle.

Pour arriver à ce résultat, il avait à surmonter des difficultés -considérables : il était seul, sans aide, sans prépa-