Annales des Mines (1895, série 9, volume 7) [Image 296]

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cielles, à des infiltrations d'eau, douce, etc., mais qu'il serait très facile, si on le désirait, de réunir dans un seul appareil de captage. Le rapprochement de ces divers points d'éMergence, l'égalité de leur niveau, la presque identité de leur température et de leur composition chimique prouvent surabondamment qu'on a affaire, dans chaque station thermale, à une seule et unique venue, souterraine. Cette source de Néris est située à 335 mètres d'altitude, presque au centre d'un coteau granitique de 3 kilomètres de large, dirigé N. 130°E. et compris entre le houiller de Commentry au nord, les gneiss supérieurs à amphibolites et serpentines (avec micaschistes associés) de Villebret au sud (Pl. XVIII et XXI). Dans l'espèce d'étoilement demi-circulaire dont Montluçon occupe le centre, le coteau de Néris paraît avoir très anciennement représenté cette direction N. 1300E. ; car elle s'y rencontre aussi bien dans le contact des diverses sortes de granite entre eux ou avec les gneiss

que dans les veines de granite à grain fin, la majorité des filons de granulite, ceux de porphyrite, de quartz à fluorine, barytine et galène, etc.; nous avons vu, an contraire, qu'au sud-est comme au nord-ouest, la direction perpendiculaire N. 40° E., qui est celle de la. bande houillère du Plateau Central, se retrouve bientôt et également

dans les accidents de tous les âges. Le granite de Néris est, en général, à petits grains, de teinte orangée ou jaunâtre assez caractéristique, avec des feldspaths souvent kaolinisés. Il contient fréquemment de la pyrite. À l'est, ce granite à petits grains passe

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Dans l'un et l'autre, il existe une série de veines à grain tout particulièrement fin ( analogue à celui de certains filons minces des granulites), granite à grain fin parfois amphibolique, dont la direction habituelle est celle de tous les principaux accidents de la région N. 130° E. et qui semble résulter de la recristallisation de lambeaux schisteux anciens pincés dans le granite ordinaire (*) Au voisinage du ruisseau des Billoux, sur la route de Villebret, ainsi que dans bien d'autres points de la route, on peut observer en outre, dans le granite, de longues diaclases qui, au même titre que les filons, nous renseignent sur le sens des dislocations du pays. Ces diaclases ont, pour la plupart, une direction principale à environ 130° et montrent ainsi que l'ensemble de la roche à subi, à une époque sans doute assez récente, puisque ces fissures n'ont pas encore eu le temps d'être incrustées ni comblées , un effort de même sens que celui qui jadis, à une série d'époques successives, ouvrit les filons de granulite, microgranulite, porphyrite et quartz. Ainsi, au pied des Billoux, le granite porphyroïde rosé est coupé par des plans de direction 150° avec pendage est, qui lui donnent un aspect presque stratiforme. En ce

point, le granite est traversé par une veine à grain fin de 15 mètres de puissance, dont la direction locale est d'abord presque nord-sud dans le lit du ruisseau. Près du pont de la route Chamblet-Néris, on retrouve le granite à grain fin découpé en parallélipipèdes par des cassures principales semblables à des plans de strate dirigés N. 60°E. avec plongement à 45° vers le nord, et par un autre système de cassures verticales, N. 150°E., c'est-à-

souvent (par transitions insensibles) à un granite porphyroïde à grands feldspaths roses gp (pouvant atteindre 8 centimètres de long sur 3 de large, au nord des Triers), qui commence à apparaître aux environs du ruisseau de Cheberne.

il Nous avons étudié ces granites à grain tin dans notre description des roches de Cominentry (Soc. ind. min., 30 sér , t. II) et dans une Note sur la vallée du Cher, dans la région de Montluçon (Bull. de la carte géol., t. IV, p. 6).