Annales des Mines (1895, série 9, volume 7) [Image 295]

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582 LES SOURCES THERMALES DE NÉRIS ET D'ÉVAUX.

du terrain dinantien de Chambon, part, au sud ,

Roche-d'Agoux (et sans doute même de plus loin encore,

car le grand filon qui va de Tralaigues à Biollet semble se recourber dans sa direction en passant par Montaudot) ; il se poursuit vers Saint-Maurice ; puis, après une interruption à la traversée du dinantien , reparaît à Château-sur-Cher et se dirige vers livaux où nous verrons que la source thermale sort à son contact ; là il est coupé subitement et c'est une pure hypothèse de considérer comme son prolongement, rejeté à l'ouest, le filon de même direction qu'on trouve vers Auge et Bord. Les filons de quartz de Néris ont des dimensions beaucoup moindres ; ce ne sont que des veines assez étroites de quartz avec fluorine et barytine ; mais leur direction est exactement la même. Au point de vue de l'hydrologie souterraine, ces filons de quartz jouent, comme l'a bien montré M. Daubrée, un rôle capital ; il suffirait, en effet, pour voir comment les eaux qui circulent dans les terrains schisteux s'amonprofitant peut-être de vides cellent à leur contact, subsistants ou réouverts le long des cassures anciennes, ou tout simplement s'arrêtant à un obstacle impénétrable de remarquer à quel point, à qui coupe la schistosité, leurs affleurements, les terrains encaissants sont pourris et décomposés en argile. C'est, du reste, un fait bien connu des mineurs que la rencontre d'un filon amène souvent une venue d'eau, et M. Daubrée a signalé (*) comment, à Saint-Jean-du-Gard, on utilisait cette propriété pour alimenter les villages en eau douce au moyen de traversbancs allant recouper de semblables filons, appelés dans les Cévennes des Garais ou conducteurs d'eau. Dans notre région, le grand filon de quartz d'Évaux (qui, de 430 mètres à la source d'Évaux, s'élève peu à () Eaux souterraines, 1, p. 277.

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peu à 620 mètres à Saint-Maurice et 712 mètres à Roched'Agoux, 738 à Biollet et 747 à la forêt de Roche) joue, en plusieurs points, manifestement ce rôle de collecteur

des eaux que nous lui attribuons et l'on voit, à son contact, sortir d'abondantes sources pérennes, d'origine relativement profonde, qui doivent parfois, à leur température constante en hiver comme en été, de porter

dans le pays le nom de Font Bouillant. Il en existe une à l'est de Biollet, vers l'étang du Cher ; on en retrouve une autre au nord-ouest de Saint-Maurice vers Chez-Lassoux, etc., etc. Ces diverses sources sont, comme

celle d'Évaux, au nord du filon : ce qu'il faut, croyonsnous, expliquer par le fait que les eaux viennent de tout le plateau gneissique situé au nord entre Pionsat, Mareillat et Montaigut, où l'on arrive à 660 mètres, et qu'infiltrées dans des gneiss qui ont en général un plongement

sud, elles sont arrivées en profondeur rencontrer une muraille de quartz le long de laquelle elles sont remontées sans pouvoir la traverser. On s'explique assez bien comment les eaux les plus

profondes, donc les plus chaudes, sont remontées à Évaux, qui est à peu près le point le plus bas de toute la longueur du filon ; elles sortent là évidemment d'une

fissure largement ouverte, car leur abondance est considérable. B.

Gisement de la source de Néris.

Géologiquement, il n'existe à Néris, aussi bien qu'a Évaux ou à Bourbon-l'Archambault, qu'une source unique

et nettement déterminée par l'intersection d'un plan de fracture avec le thalweg d'un ravin, bien que, pour la pratique médicale, on ait jugé à propos de distinguer un certain nombre d'émergences différentes, qui peuvent présenter de légères variations dues à des influences superfi-