Annales des Mines (1891, série 8, volume 20) [Image 228]

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DU PUITS VERPILLEUX.

NOTE SUR L'EXPLOSION DE GRISOU

faut, dans toute explosion de grisou, distinguer deux sortes de causes, d'importances fort inégales, d'une part la cause essentielle, c'est-à-dire l'accumulation du gaz en

proportion explosive sur une étendue plus ou moins grande, sans laquelle tout accident serait impossible; d'autre part, la cause de l'inflammation elle-même, qui n'est que la cause occasionnelle et secondaire. Ce qu'on a pu déterminer, dans l'explosion du puits

Verpilleux, de l'un et de l'autre de ces deux ordres de causes, va être brièvement résumé.

P Causes de l'accumulation du grisou. - Plusieurs explications ont été mises en avant peu après l'accident pour rendre compte de l'accumulation du grisou. On a indiqué notamment, comme causes probables, les variations de la pression atmosphérique ou les mouvements de l'écorce terrestre. Ces explications ont été reconnues inadmissibles.

D'autre part, des critiques ont été dirigées contre la méthode d'exploitation par tranches prises en remontant, qui, si elle est susceptible d'offrir certains inconvénients,

ne saurait cependant être rendue responsable de la catastrophe. En fait, la présence du grisou en quantité dangereuse aux chantiers d'où est partie l'explosion parait avoir été directement liée à la présence de la faille de l'Isérable. C'est, en effet, lorsque cette faille a été rencontrée par les avancements de la taille n° 5, que le grisou s'est montré à l'amont de la

le même fait s'est reproduit à l'avancement de la taille n) 6, et lorsque celui de

la .taille n° 5 fut porté en cul-de-sac dans la veine, cet avancement se remplit de grisou, si bien qu'on dut l'abandonner, en se bornant d'ailleurs à en barrer l'accès, sans

le remblayer. Enfin, le jour de la catastrophe, la taille ri0 5 était elle-même en pleine faille (coupe P,

3), et

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c'est, comme il a été dit, de ces tailles n° 5 et n° 6, qui saignaient en quelque sorte la faille, qu'est partie l'explosion.

Il faut ajouter que, par suite du sens de cette faille, les tailles en première tranche établies à son mur se trouvaient forcément exposées, comme le montrent les coupes fig. 3 et 4, à l'invasion du grisou qui se dégageait, du côté du toit, du charbon laissé en couronne au fur et à mesure de son tassement sur les remblais. Quant au courant d'air qui devait balayer ces tailles, on n'a aucune donnée sur son importance ; l'examen des cadavres n'a fourni non plus sur son intensité aucune indication sérieuse ; car là, comme dans d'autres tailles, telles que la taille n° 7, les uns ont été trouvés le torse nu, et les autres vêtus d'une chemise ou d'un tricot ; mais si

l'on se reporte à ce qui a été dit plus haut au sujet de l'aérage, on peut conclure que la dérivation latérale qui se faisait spontanément à l'entrée du niveau des Flaches pour monter vers les tailles n" 5, 6 et 4, ne devait représenter qu'une faible fraction du courant total. Il convient d'ajouter enfin qu'au moment de l'accident, les conditions habituelles de l'aérage, qui ont été exposées plus haut, se trouvaient quelque peu modifiées par suite de la suspension de l'exploitation dans le quartier du puits Saint-Louis ; en effet, la puissante chute d'eau qui tombait dans ce puits y déterminait une introduction d'air au moins égale au débit normal, et le ventilateur du

puits des Flaches étant arrêté depuis le 30 juin, cette masse d'air n'était plus sollicitée à se diriger vers ce puits en suivant les parcours normaux précédemment indiqués. Les courants d'aérage des deux champs d'exploitation de Saint-Louis et de Verpilleux s'influençant mutuellement, comme on l'a vu, malgré les portes de séparation, une partie de l'air entré par le puits SaintLouis pouvait donc se trouver appelée dans le quartier de