Annales des Mines (1889, série 8, volume 15) [Image 349]

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L'ÉCOLE DES MINES DE PARIS.

NOTICE HISTORIQUE.

en juger par le nombre toujours croissant d'élèves, français et étrangers, qui viennent demander leur admission à l'École. Toutes les bonnes volontés viennent se briser contre un obstacle dirimant : le nombre de 32 places

Si on l'examine dans son ensemble, l'enseignement de l'École est resté fidèle au système si bien vu dès l'origine un enseignement oral, de portée élevée, de durée relativement courte, parce qu'il est très condensé, s'occupant des principes des choses plus qu'il ne descend dans les détails

qu'offrent les laboratoires actuels. Un roulement plus intelligemment combiné, dans chaque année, entre les pé-

riodes alternantes de laboratoire et de dessin, a permis d'augmenter l'effectif (*), tout en laissant chaque élève passer au laboratoire un temps suffisant pour qu'il ait appris tout ce qui peut s'acquérir en ces matières dans une école d'application. Actuellement, les élèves ingénieurs passent au laboratoire trois mois et demi la première année (**), deux mois et demi la seconde et un mois la troisième (***). Les élèves externes y restent

un mois à la suite de leur année préparatoire

(****),

deux mois et demi dans chacune des première et seconde années et un mois en troisième année. Les élèves ingé-

nieurs et externes passent donc, les uns et les autres, sept mois au laboratoire dans le cours de leur scolarité (*****); ce stage relativement considérable est encore une des particularités de l'enseignement de l'École. (*) L'effectif des élèves des cours spéciaux présents à l'Ecole s'est élevé jusqu'à cent un, dont dix-sept élèves étrangers, et celui des élèves des cours préparatoires à quarante-huit, dont dix élè-

ves étrangers, non compris dans l'une et l'autre catégorie les élèves libres, ou auditeurs libres, comme on les appelle aujourd'hui. (**) Dont un mois dans les exercices d'été après les examens. (***) Pendant longtemps, on ne revenait pas normalement au laboratoire en troisième année. (****) Les élèves des cours préparatoires viennent au labora-

toire à la fin de l'année pendant la période d'examen des élèves des cours spéciaux (V. sur cette mesure, p. 608, note 1). ("**"*) Il n'y a réellement parité que pour les élèves externes, d'ailleurs les plus nombreux, qui ont passé par les cours préparatoires. Ceux provenant de l'Ecole polytechnique ont un mois de moins de laboratoire; niais ils ont en plus de ceux-là l'enseignement plus complet et les manipulations de l'Ecole polytechnique.

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que la pratique directe apprend ensuite mieux et plus vite ; des exercices divers développés, caractérisés principalement d'une part par un travail prolongé au laboratoire, et d'autre part par des voyages de longue durée, le tout couronné pai l'exécution de projets complets, étudiés dans le détail, comme s'ils devaient être exécutés; dans tous ces exercices les élèves relativement libres sont guidés plus que surveillés. En provoquant la réorganisation dont nous venons

d'indiquer la portée et les traits essentiels, le conseil s'est moins préoccupé de montrer que l'Ecole de Paris méritait la nouvelle appellation officielle d'École supérieure des mines, qu'elle a reçue en 1883 (*), que de con-

tinuer à maintenir intact le dépôt des traditions ; il a voulu que, comme par le passé, l'École assurât à tous ses élèves, dans les situations différentes qu'ils peuvent être appelés à occuper, un enseignement et une préparation qui, non seulement fussent à la hauteur des progrès des sciences et de l'industrie contemporaines, mais encore leur permissent de contribuer puissamment plus tard, par eux-mêmes, à ces progrès dans toutes les branches des sciences et de l'industrie qui se rattachent à l'extraction et au traitement immédiat des substances minérales. Le Conseil de l'École et l'administration ont d'ailleurs tenu (*) Ce changement de dénomination a fait l'objet d'une décision ministérielle du 13 février 1883, intervenue à la suite de la réorganisation faite dans l'Ecole de Saint-Etienne par le décret du 30 novembre 1882. Cette Ecole a quitté, en vertu de ce décret, son antique nom d'Ecole des mineurs pour prendre celui d'Ecole des mines. Tome XV, 1889.

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