Annales des Mines (1889, série 8, volume 15) [Image 50]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

59

EXPLOSION DE 22 CHAUDIÈRES A VAPEUR

AUX HAUTS FOURNEAUX DE FRIEDENSITÜTTE.

fait satisfaisante par les considérations très simples dans lesquelles nous venons d'entrer, lesquelles donnent en même temps la cause de l'écrasement du sol de la bat-

il nous paraît impossible d'indiquer exactement la chaudière qui a été le point de départ de la catastrophe. Si l'on en jugeait par la violence de l'action de la vapeur, il faudrait admettre que la chaudière n° 15 a sauté la première ; l'association silésienne pense que ce sont plutôt les chau-

58

terie de générateurs près des cheminées, et de la destruction de la conduite transversale de fumée par le déplacement de son piédroit antérieur. Les chaudières situées au nord et au sud du massif ne

paraissent pas avoir été soulevées à l'avant , comme celles du milieu ; aussi leurs débris se sont-ils répandus

dans toutes les directions, en passant au-dessus de la gaine transversale de fumée sans la démolir. Cette gaine est donc restée intacte aux deux extrémités, où l'on cesse en même temps d'observer la disposition en éventail des trajectoires des fragments projetés. Plusieurs chaudières, par exemple celles portant les

n" 5 et 18, se sont retournées en faisant explosion, c'est-à-dire que leur arrière a tendu à venir prendre la place de leur avant, et inversement ; la chaudière n° 5 a été ainsi projetée presque tout entière vers le nord-est, alors que d'autres, comme les n" 7, 11, 12 et 14, étaient lancées en totalité ou en presque totalité vers l'avant. Le retournement des chaudières n" 5 et 18 a sans doute été provoqué par la rupture d'une rivure longitudinale à l'une de leurs extrémités ; cette évolution n'a pu se faira sans occasionner un grand désordre parmi les chaudières

du voisinage, et a dû aider beaucoup à la propagation de l'accident dans les régions occupées par les chaudières vides. Quant aux bouilleurs, ils ont été ouverts à leur partie supérieure, principalement à l'arrière, par suite de l'arrachement de leurs communications ; ils ont été ainsi soumis à une pression agissant de haut en bas, et ils ont, en outre, été amenés à quelque distance vers l'avant, en dépit de la maçonnerie qui les entourait de tous côtés, et qui a été déplacée avec eux. La destruction du massif a été ainsi complétée jusqu'au niveau du sol.

dières n" 7 et 6; nous ne nous prononcerons pas à cet égard, mais nous croyons qu'il faut se tenir en garde contre les déductions que cette association prétend tirer de l'ordre de superposition des fragments provenant de générateurs différents : dans l'ouragan de fer et de briques qui s'est abattu sur l'usine et l'a détruite en partie, il s'est produit des bouleversements, des chocs et des ricochets qui ne permettent pas de prendre en considération des particularités de ce genre.

Si la statistique n'a pas encore enregistré de catastrophes aussi considérables dans leurs effets destructifs que celle de Friedenshfitte, c'est qu'il existe peu de batteries d'un pareil nombre de générateurs, et qu'on ren-

contre rarement des circonstances aussi favorables à l'extension d'une explosion. Cependant, nous pouvons citer des exemples d'accidents dans lesquels des batteries assez importantes ont été complètement détruites, sans qu'on puisse alléguer l'action des gaz explosifs dans les carneaux. Le 8 avril 1863, cinq générateurs ont éclaté d'un seul coup dans le laminoir Mossend, près de Glasgow. M. l'in-

génieur en chef Fletcher n'a pas hésité à attribuer cet accident à la rupture d'une des chaudières, et à la dislocation qu'elle a entraînée parmi les autres. De leur côté, les ingénieurs allemands ont expliqué la propagation du désastre par la chute brusque de pression qui a eu lieu simultanément dans tout le groupe-de générateurs.

Le 26 décembre 1876, dans la fabrique de sucre de Saint-Hilaire-Cottes (Pas-de-Calais), une batterie de cinq chaudières a été détruite dans des conditions analogues,

en marche normale, les valves de prise de vapeur ou-