Annales des Mines (1887, série 8, volume 11) [Image 243]

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DANS LE BASSIN DE LA RUHR.

484

SITUATION DE L'INDUSTRIE HOUILLÈRE

Importation allemande en Hollande. En houille

En coke.

1886

Consommation en Hollande. 5 2.962.328 t.

Transit pour la Belgique. Total.

. . .

.

1885

1886

1886

2.947.256 t.

88.247 t.

60.596 L.

262.187

391.409

2.626

902

3.224 515 t.

3.338.665 t.

90.773 t.

61.498

40 Belgique. - On pourrait croire, vu la situation troublée de la Belgique dans ces dernières années et les difficultés nouvelles qui de ce côté ont entravé l'industrie minière, que les exploitants de la Ruhr en ont profité, pour y élargir leurs débouchés et gagner quelques positions de plus sur les producteurs du pays. C'est le contraire qui est arrivé, comme en témoigne le tableau suivant, relatif à l'importation et à l'exportation des charbons pour la Belgique en 1885 et 1886 Importation. En houille.

En coke. 1885

1886

D'Allemagne .

230.755 t. 262.187

.

Des Pays-Bas.. D'Angleterre. . De France . . . D'autres pays. .

262.131 150.265 230

Total

905.568

356.754 t. 391.409 272.372 110.502

1886

11.371 t. 2.526

1885

11.926 t.

1.149 4.572

902 3.615 4.837

19.618

21.280

21

1.131.058

Exportation. En houille. 1886

En France En Hollande. . . En Luxembourg Autres pays. . . Total

En coke. 1885

1886

1885

3.524.891 t. 3.660.852 t. 672.942 t. 691.723 I., .

.

133.102

117.572

o

ii

218.407

3.876.400

485

L'importation des Pays-Bas provient uniquement du transit de charbons allemands. Il faut donc l'ajouter à l'importation directe d'Allemagne en Belgique, c'est-àdire additionner les deux premières lignes du tableau précédent, pour se rendre compte de l'importance décroissante du débouché ouvert dans ce pays aux houilles allemandes. On obtient en effet, pour cette importation totale, les nombres suivants 1881 1885 1886

846.702 tonnes. 748.163 492.942

Il y a donc eu, d'une année à l'autre, une diminution de 255.221 tonnes, soit plus de 34 p. 100.

Ce mouvement si accentué de recul est dû à l'application de nouveaux tarifs intérieurs, entrés en vigueur en Belgique, à partir du 19 avril 1886. Ces tarifs consacrent des réductions très notables, qui non seulement favorisent l'industrie nationale, mais atteignent aussi directement l'importation du dehors ; elles sont, en effet, d'autant plus fortes dans une direction donnée que l'action étrangère s'y était fait sentir davantage. C'est ainsi qu'elles se montent à 1. franc par tonne, quand la place destinataire recevait jusque-là de l'étranger 20 à 50 p. 100 de sa consommation, et à lf,25, quand cette proportion dépassait 50 p. 100. Le prix de la tonne kilométrique descend, pour des envois importants, à 1c°"',9 et parfois même à 1 centime. Un autre tarif spécial, appliqué depuis le 21 septembre de la même année, favorise également le transport, vers les ports nationaux, des charbons belges destinés à l'exportation maritime. Pour des envois d'au moins 200 tonnes, le coût de la tonne kilométrique est de 1"nt,5 jusqu'à 100 kilomètres, et de 1 centime au

delà de 100 kilomètres, avec un droit fixe de O,50 par

179.278

134.510 21.959

81.163 6.529

3.957.702

829.411

779.704

tonne. Aussi ces nouveaux tarifs sont-ils regardés par les

Allemands comme équivalents à une taxe prohibitive.