Annales des Mines (1885, série 8, volume 8) [Image 335]

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EXPLOSION D'UNE CHAUDIÈRE A VAPEUR

Écartement des rivets d'axe en axe. Diamètre des rivets Recouvrement.

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50 millim. 71

Disposition du foyer et des carneaux. Le foyer intérieur conduisait la flamme d'avant en arrière, puis elle revenait d'arrière en:avant par deux carneaux longitudinaux, léchant les parois latérales de l'enveloppe extérieure jusqu'à bonne hauteur au-dessous du niveau de l'eau et limités inférieurement par une murette centrale en maçonnerie de briques ordinaires de 0'11,90 d'épaisseur et 0rn,25 de hauteur, sur laquelle le corps cylindrique reposait à plein dans toute sa longueur. Appareils de siireté. La chaudière était munie des appareils de sûreté réglementaires, savoir Deux soupapes de sûreté f,de dimensions convenables placées sur une boîte commune, à mi-hauteur du dôme; Un manomètre métallique Bourdon ; Un tube indicateur en verre, trois robinets de jauge, un flotteur à sifflet, un flotteur magnétique ; Un clapet de retenue ; Un robinet d'arrêt de vapeur. ConOrigine, déclaration, e'preuves, réparations. struit chez M. Bastide, à Marseille, et éprouvé une première fois le 15 octobre 1870, ce générateur avait été installé et déclaré dans le cours de la même année à la brasserie Phocéenne.

En ;1875, à la suite du remplacement de la tôle du coup de feu, cette chaudière a subi de nouveau, à la date

du 17 novembre, l'épreuve réglementaire à 4 k. 1/2. Sa capacité était de 7m3,400. Sa surface de chauffe de 22fle,60.

Elle était donc de première catégorie et remplissait d'ailleurs les conditions d'emplacement exigées par le décret du 25 janvier 1865.

DANS LA BRASSERIE PHOCÉENNE A MARSEILLE. 631

Ne fonctionnant que quelques jours tous les deux ou trois mois, elle n'était que rarement visitée. MM. Rougier et Bernard se contentaient de faire ramoner les carneaux deux fois par an, mais les tôles n'étaient pas sondées et visitées dans les parties en contact avec les maçonneries et notamment dans celle qui reposait sur la murette médiane.

Cirçonstances qui ont accompagné l'accident. L'année précédente, la chaudière avait présenté au moment de sa mise en feu une fuite à un joint, au moment où elle était sous pression et où on allait nettoyer la grande chaudière; afin d'éviter le retour d'incidents semblables, on avait décidé qu'avant chaque arrêt de la grande chaudière on procéderait à un essai à chaud des chaudières de secours.

C'est précisément un pareil essai qu'on avait commencé

Les feux avaient été allumés à 5 heures du matin et poussés très doucement, de telle sorte qu'à 9h. le le manomètre indiquait une pression de 2 k. 1/2. Le niveau de l'eau était normal ; une des soupapes, prole 23 juin 1885.

bablement mal rodée, perdait un peu de vapeur. A 9h. 14m, la chaudière faisait explosion avec une violence extrême.

Trois ouvriers ont été retrouvés morts sous les décombres. Sept autres ouvriers ont été blessés et brûlés dans les ateliers voisins.

Les dégâts matériels, considérables, ont principalement porté sur la brasserie Phocéenne; le bâtiment à quatre étages qui surmontait la chaudière s'est entièrement effondré ; les murs de séparation avec les hangars portent de larges brèches. Ce Examen des débris et des tôles de la chaudière. n'est qu'après plusieurs jours de travail que l'on a pu dégager complètement la chaudière et étayer suffisamment