Annales des Mines (1881, série 7, volume 19) [Image 228]

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LES LIGNITES

DANS LE. NORD DE LA BOHÈME.

collines escarpées. Il suffirait d'aligner le long de la pente un nombre suffisant de ces fours. Une voie horizontale, courant à la partie supérieure et correspondant à un nombre égal de culbuteurs, amènerait le charbon cru; une autre voie, au pied de la colline, desservirait le bas des fours, Cette disposition offrirait l'avantage de comporter tel développement qu'il serait jugé nécessaire pour répondre à l'importance de la production et aux exigences de la con. sommation. Mais, si intéressants et si pleins de promesses qu'aient été ces premiers essais, il serait téméraire de poser dès à présent une conclusion définitive. On ne sait encore, en effet, quelle pourrait être la production journalière de chaque appareil, ni quelle grosseur de fragments est la

mieux appropriée au traitement. Jusqu'ici les

morceaux

obtenus ne dépassent pas la grosseur du poing, et l'on n'a encore aucune idée précise du temps qui est nécessaire à la transformation.

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grande valeur au point de vue commercial. Cette industrie pourrait renaître si l'on venait à trouver le moyen d'aug-

menter ce rendement, mais c'est là un résultat fort problématique.

h. Gazéification. - Les perfectionnements nombreux et importants que l'on apporte chaque jour à la construction et au fonctionnement des gazogènes, permettent peut-être

d'y voir pour l'avenir un important débouché pour les menus de lignite qui, vu leur bas prix, verraient ainsi leur emploi se généraliser rapidement. Mais jusqu'ici l'influence de ces perfectionnements s'est encore très peu fait sentir.

e. Agglomération. - Les essais clans ce sens, effectués avec les lignites de l'Allemagne du Nord, ont parfaitement réussi et fournissent des produits qui luttent avantageusement sur les marchés prussiens avec les lignites gros de Bohème. Au contraire les tentatives du même genre que

l'on a faites à diverses reprises dans le bassin de SaatzB.

TRANSFORMATION DES MENUS.

a. Distillation. - Il y a une vingtaine d'années, exploitants de mines et populations du voisinage ont espéré que la distillation des menus de lignite, pour paraffine et huiles légères, allait les affranchir de ces haldes incommodes qui, perpétuellement en combustion, vicient l'atmosphère en y déversant des torrents d'acide carbonique et d'oxyde de carbone. Mais c'était là un vain espoir ; car dès les premières années, dès i 86o, la concurrence des pétroles d'Amérique vint porter un coup fatal à l'industrie naissante des distilleries. Depuis ce temps il n'en reste plus une seule en activité dans toute la Bohême. C'est qu'en effet l'huile brute résultant de la distillation des lignites ne fournit, à part le photogène, qui ne pouvait tenir devant le bas prix du pétrole, qu'un faible rendement en paraffine, produit de beaucoup plus

Teplitz, n'ont donné que des résultats peu satisfaisants. L'agglomération s'exécute, comme on sait, avec ou sans matière liante ou ciment. Le meilleur de tous les 1° Agglomération avec ciment. ciments est sans contredit le brai. Mais son prix est élevé. De plus les usines qui le produisent se trouvent généralement dans le voisinage des grandes villes et par suite à une assez grande distance des mines ; il s'ajoute par conséquent encore au prix d'achat, des frais de transport assez impor-

tants. D'autre part, pour obtenir des briquettes capables de supporter les manutentions et les transports, il est nécessaire d'employer, au minimum, de 5 à 8 p. ioo de brai. On arrive ainsi à une dépense de ciment tout à fait hors de proportion avec le prix que l'on peut espérer pour la vente de ces briquettes, prix qui ne peut, dans aucun cas, dépasser celui, déjà dérisoire, du lignite gros (5 francs