Annales des Mines (1881, série 7, volume 19) [Image 110]

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INDICATEURS DU GRISOU,.

PROPRIÉTÉS PDYSIQUES.

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quer en outre avec raison qu'il y avait un grand intérêt à

Appareil de M. Forbes (*).

M. l'orbes a pensé à utiliser la diminution de densité

que le grisou fait subir à l'air auquel il mesure la densité de l'air en mesurant la

est mélangé. II vitesse avec la.

quelle il transmet le son, et cette vitesse elle-même est appréciée au moyen d'un appareil très portatif et très in ingénieux en soi. Il se compose d'un tube fermé à un bout

par un piston mobile ; au-dessus de l'autre bout qui reste ouvert sont disposées les extrémités des laines du diapason que l'on met en vibration. Les vibrations sont renforcées et deviennent perceptibles à l'oreille lorsque la longueur de la colonne d'air du tube correspond au son que rend le diapason, et cette longueur change lorsque la densité de l'air est modifiée. On enfonce donc le piston jusqu'à ce que les vibrations soient perçues avec la plus grande intensité possible ; la quantité dont on est obligé d'enfoncer plus ou moins le piston est indiquée sur un ca dran divisé et peut servir à montrer les variations de densité de l'air. Ces variations de densité ne sont exactement en rapport

avec la quantité de grisou mélangée que si la température et la pression de l'air restent les mêmes. Ln thermoetre

est fixé à l'appareil pour faire la correction relative àla température, mais l'auteur ne parle pas de celle: qui se rapporterait à la pression. Une autre cause d'erreur est la présence de l'acide car. bonique ; M. Forbes pense que l'acide carbonique dinii. fluant le pouvoir explosif du grisou, les indications de son appareil pourront suffire dans tous les cas, puisqu'elles indiquent tout au moins le pouvoir explosif du mélange gazeux. Cette assertion est fort discutable, mais on a fait remar(*) North of England Institute of rnining Engineers. Transactions; vol. XXIX, 1880, p. 171.

connaître la quantité absolue de grisou contenue dans l'air. L'appareil de M. Forbes est un instrument de physique

dont on aurait évidemment bien peu à attendre entre les mains d'un personnel peu habitué aux expériences de pré-

cision. L'instrument est au surplus très critiquable au point de vue purement scientifique, car les corrections qu'on serait obligé de faire à l'observation, pour tenir compte des variations de température et de pression, seraient la plupart du temps très supérieures à la quantité à mesurer, ce qui enlèverait toute exactitude aux mesures. 3° Appareil de M. Liveing.

Peut-être peut-on ranger parmi les phénomènes physiques indicateurs du grisou celui qui a été signalé récemment par M. Liveing, quoiqu'il mette en jeu la combustibilité du gaz.

M. Liveing propose de disposer, l'un à côté de l'autre, deux fils fins de platine, l'un enfermé dans une capacité close et remplie d'air pur, l'autre plongé dans l'atmosphère même de la mine. On fait passer dans les deux fils un même courant électrique ; le fil non protégé rougit beaucoup plus

que l'autre si l'air de la mine contient du grisou, parce qu'il détermine une inflammation du gaz. Cette inflammation reste confinée au contact si la proportion de grisou est faible; elle pourrait se propager dans toute la masse si la

proportion de gaz était suffisante; il faut donc placer le tout dans une lampe de sûreté.

M. Liveing annonce pouvoir constater la présence de 1/2 p. ion de gaz. Grâce au bienveillant intermédiaire de iL Warington Sinyth, nous avons prié M. Liveing de nous donner les indications nécessaires pour que nous puissions nous procurer son appareil. Il nous a répondu que la disposition n'en était point encore complètement arrêtée.