Annales des Mines (1879, série 7, volume 15) [Image 289]

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LA MÉTALLURGIE

A L'EXPOSITION DE 1878.

par les États-Unis, montrent que sous ce rapport, on va vite de 'autre côté de l'Atlantique, plus vite peut-être que chez les An-

creuset, mais toujours plus de manganèse, provenant de la fusion d'acier puddlé, ou de métal Bessemer fait avec des fontes trèspures, mais au coke et à l'air chaud : les essais à là traction donnaient des résistances et des allongements absolument les mêmes

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glais nos concurrents redoutés d'autrefois. Avant de passer aux aciers, rappelons que certaines forges, notamment en Angleterre, n'avaient pas, jusqu'à ces derniers temps, renoncé à l'espoir de maintenir le rail en fer contre le rail d'acier. Elles essayèrent de tirer des rails sans paquetage ni soudage ultérieurs des loupes d'une seule pièce sortant des fours Danks. On

réappliqua aux rails ainsi faits l'ancien procédé de cémentation superficielle de Dodds ; mais, d'après les renseignements fournis à

cet égard par M. Lowthian Bell, cette fabrication n'a pas donné de résultats sérieux. (Congrès de l'Iron and Steel Institute Middlesborough, f877.)

IV. Fabrication et ouvraison des aciers et des alliages ferreux Ce que nous avens dit précédemment de la classification des fers et aciers justifie suffisamment le titre que nous donnons à cet article, de beaucoup le plus important du § VI. Au surplus, il suffit d'avoir traversé, dans la section anglaise, les belles expositions des usines de Sheffield pour conclure, comme nous, que l'anaciers cémentés et fondus au cienne fabrication des aciers, creuset, n'est pas encore détrônée par les nouveaux procédés. Les nombreuses tentatives faites depuis l'invention du Bessenier et des métaux fondus sur sole, pour produire par ces procédés des aciers à outils, n'ont généralement donné que de médiocres résultats. Les seuls succès, et encore partiels, qu'on ait obtenus dans cette voie, l'ont été en Suède et en Autriche-Hongrie, grâce sans doute à l'excellence des matières premières dont disposent ces contrées. Partout ailleurs, avec les alliages fondus nouveaux, on n'a pu faire que des outils communs, mais rien de comparable aux beaux échantillons d'aciers au creuset que renfermaient les vitrines des maisons de Sheffield et d'une ou deux maisons françaises : aciers au cal:bone seul, tenant depuis o,6o à o,75 jusqu'à 1,50, rarement plus, pour ioo de carbone, si parfaitement classés, selon les teneurs, en 5 ou 6, parfois 7 ou q numéros, et définis par les emplois auxquels chacun d'eux convient. On n'use plus ici, pour la classification, des fondus.

essais à la traction; en sait depuis longtemps, dans les aciéries proprement dites, que les résultats à cet égard ne sont pas indices suffisants de la qualité d'un acier fondu pour outils. Nous aurions

à citer plus d'une épreuve à la traction faite sur alliages fondus sur sole ou au Bessemer, alliages tenant de 0,90 à i ou 1,20 p. 100 de carbone, pas plus de silicium que beaucoup d'aciers fondus au

que certains aciers au creuset, et pourtant quelle différence dans les outils obtenus des deux matières! L'outil en acier au creuset conservait tout son corps à l'état de burins, ciseaux, etc., quand l'outil en alliage fondu sur sole s'aigrissait sur les chocs, s'ébréchant ou se brisant après quelques coups. Sans doute, indépendamment de quelques progrès économiques (notamment le four Siemens pour la fusion) que la fabrication des aciers fins au creuset a empruntés aux procédés nouveaux, elle a de-

puis longtemps, elle aussi, et, sans le dire bien haut, préparé des aciers au manganèse, au chrônie, au tungstène, etc. Mais avec quelle attention les fabricants, soigneux de leur réputation, distinguent ces alliages spéciaux de leurs aciers à outils proprement dits! On en a pu juger par les catalogues et notes jointes aux Expositions de la maison Holzer (France) sur les aciers chromés, des sociétés métallurgiques de l'Autriche-Hongrie sur les aciers au manganèse (Usines de Kapfenberg). A la lecture de la note sur les aciers chromés, on aperçoit les difficultés de la fabrication de ces

alliages complexes, la variabilité de leurs propriétés à chaud comme à froid, et, cependant, il s'agit là de produits obtenus par petites masses au creuset, c'est-à-dire en vase clos et avec des charges dont le dosage est facile ; que serait-ce si on voulait fabriquer ces composés par grandes masses, sur la sole d'un réverbère comme l'ont tenté d'autres usines (Terre-Noire, en France)?

Si les nouveaux procédés et leurs produits si variés n'ont pu jusqu'ici rivaliser avec l'industrie clos aciers proprement dits, fins

et durs, pour outils et quelques autres emplois, il en est autrement quand il s'agit des moulages d'acier et des emplois du fer par ouvraison au laminoir ou au marteau. Les moulages d'acier se sont faits jusqu'à la date de l'Exposition de 1867 avec des aciers fondus au creuset : chacun se rappelle les lingots d'acier doux sans souillures que Krupp exposait à Paris en 1855, à Londres en 1869. et à Paris encore en 1867, chaque fois avec des dimensions croissantes. On n'a pas oublié non plus les cloches,

en acier plus dur, que les usines allemandes (Bochum et autres) exposaient en i855: moulages qui, dès cette époque, faisaient prévoir la substitution de l'acier au bronze. En 1862, à Londres et en