Journal des Mines (1814, volume 36) [Image 80]

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EN ÉGYPTE.

FABRICATION DU VINAIGRE

second degré une liqueur acide.. .Selon toute vraisemblance, on pourrait parvenir à en tirer une liqueur d'un goût analogue à celui du vin; la sève même du palmier peut fournir une espèce de vin; et l'on en recueille en effet dans plusieurs contrées, au moyen d'incisions qu'on fait dans l'écorce du palmier : mais les Egyptiens attachent peu d'importance à cet objet, les liqueurs spiritueuses étant réprouvées par l'islamisme, et le vin qu'on fabrique en Egypte se conservant d'ailleurs difficilement (1). Le

vinaigre, dont l'usage est général, est un

objet beaucoup plus important, et sur lequel s'est puincipalement portée l'industrie. C'est pendant l'été qu'on le fabrique les dattes ne s'écrasent point sous la meute; on se contente de les agiter et de les broyer un peu dans l'eau, jusqu'à ce qu'elles soient bien dé:

layées. On les expose ensuite au soleil pendant quel-

ques jours, dans les vases mêmes où elles ontz

été broyées; opération qui dure huit ou dix

jours. Après cela, on les presse sous un pressoir à vis "pour achever d'en exprimer le suc, opération que l'on a figurée dans la planche xr

de l'Atlas du grand ouvrage sur l'Egypte.

L'ouvrier est représenté tournant le levier destiné à serrer la vis du pressoir. On passe en-

suite la liqueur au tamis, après l'avoir suffisamment étendue d'eau.

Ou méle'du miel avec cette liqueur, et on (1) On retire cependant des dattes une certaine quantité d'eau-de-vie pour l'usage des Qobtes , des chrétiens Grecs et des Européens établis en Egypte.

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la laisse encore fermenter pendant dix jours. Pour deux cents livres de dattes on emploie, lorsque ].On veut faire du vinaigre de bonne qualité, trente ou quarante livres de miel , que l'on a fait bouillir auparavant, et que l'on verse aussitôt dans la liqueur des dattes. Après que la fermentation est achevée, passe le vinaigre, on l'expose au soleil, on le décante de nouveau, on l'enferme dans des jarres, dont on lute les. couvercles lorsqu'il a acquis toute sa force. Ces jarres, qui sont très-grandes et imper-. méables, ue se fabriquent pas au Caire; elles viennent des côtes de Barbarie , où l'on s'en sert pour renfermer les huiles que l'on envoie en Egypte. On transvase lé vinaigre que l'on vend en détail, dans des pots de terre que l'on

enduit de poix ou de résine pour diminuer

leur porosité. Ce vinaigre ne se vend que six à huit médius la mesure, qui contient environ une pinte aussi est-il bien inférieur en qualité, comme nous l'avons déjà indiqué, à celui qui se retire du vin ou du raisin. ,

ANNONCES CONCERNANT les Mines, les Sciences et tes Arts. Extrait d'un Mémoire sur la trempe du cuivre.

ON avait pensé que les anciens donnaient au cuivre, par le

moyen de la trempe , une dureté comparable à celle de l'acier. Niais, d'après des expériences dont M. Mongez donne le détail, dans un Mémoire qu'il a lu à l'Institut, il résulte que