Journal des Mines (1807, volume 21) [Image 218]

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THÉORIE DE LA SURFACE ACTUELLE

8'. Suivre les couches horizontales, et celles qui sont inclinées dans 'un ou plusieurs sens pour déterminer s'il y a quelque rapport entre le plus ou moins de constance dans leur horizontalité et leur anncienneté , ou leur .nature. 90. Déterminer les vallées dont les angles rentrans et saillans se correspondent, et celles où ils ne le font pas, ainsi que celles où les .couches sont les mômes des deux côtés, et celles où elles diffèrent, afin de savoir si ces deux circonstances ont des rapports entre elles , et si chacune d'elles prise à part , en. a avec la nature, et l'ancienneté des couches dont se composent les élévations qui bordent les vallées. Tous ces points sont indispensables à éclaircir, si l'on veut faire de la géologie un corps de doctrine eu une science réelle, et indépendamtrouver ment de tout désir que l'on aurait debien clair des hiits. Mais il est une explication qu'ils sont plus nécessaires encore pour réussir dans cette explication. Or, nous osons affirmer qu'il n'en est pas un sur lequel on ait rien d'absolument certain. Presque tout ce qu'on en a dit est fllus ou moins vague. La plupart de ceux qui en ont parlé l'ont fait , selon ce qui convenait à leurs systèmes beaucoup plus que selon des observations impartiales. Les seuls fossiles considérés isolément peuvent encore fournir la matière de trente années d'étude , à plusieurs savans laborieux et leurs rapports avec les couches exigeront bien d'autres années encore de voyages, de l'ouilles, et d'autres recherches pénibles. Quels services ne rendrait pas aux sciences naturelles un corps tel que le nôtre, s'il parve.

DE LA TERRE.

425 nait à diriger vers ces recherches positives mais longues , pénibles , les esprits qu'une ardeur de savoir et les exemples contagieux de tant d'hommes de mérite pourraient entraîner à des systèmes aussi inutiles , qu'aisés à créer, et sédrusans_ pour l'amour-propre.. L'ouvrage de M. André, examiné d'après ces

principes , nous a Offert deux parties bien distinctes , dont la première seulement nous paraît être clu ressort de la Classe. C'est celle où se savant rend compte des observations qu'il a faites pendant ses voyages.

Fidèles aux lois de l'ordre 'religieux auquel il appartenait, M. André a parcouru, à pied, des routes assez nom brenSes et assez étendues :

il les parcourait en observateur éclairé , et notait avec soin les élévations et lei. abaissemens du terrain , la nature des pierres , leur disposition entre elles , et par rapport à l'horizon. Il a pris pour modèle le geologiste qui méritait le mieux cet honneur, le célèbre Saussure ; c'est-à-dire , qu'il décrit, d'une manière absolue , chacun des objets qui l'ont frappé sur sa route , et dans l'ordre où il se sont présentés. Une chaîne parcourue ainsi. dans plusieurs sens , et décrite avec ce soin , offre le sujet d'un tableau général, que M. André ne manque point de tracer. C'est ainsi qu'il nous fait connaître la partie des Alpes qu'il a vue, et qui comprend l'espace entre le Saint-Gothard et lePetit-Saint-Bernard. Il passe ensuite au Jura , chaîne secondaire très-différente des Alpes, qu'il a examinée depuis la perte du Rhône jusqu'au Ehin, dire clans presque toute sa longueur.