Journal des Mines (1804-05, volume 18) [Image 111]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

212

OBSERVATIONS CHIMIQUES

La distillation et l'action des acides, lui ont fait connaître, c 1°. Que cette mine contient un gaz de la nature de l'air fixe, auquel il attribue la propriété de faire cristalliser le fer. 20. Qu'elle renferme des fragmens de quartz qui restent dans la liqueur après sa dissolution complète, lorsqu'on l'a exposée en petits morceaux à l'action des acides ».

La cristallisation de quelques dissolutions sulfuriques, sans excès d'acide, lui a présenté quelquefois de petites quantités de sulfate de chaux, d'autres fois il n'en a pas aperçu un atôrn.e , et

il en conclut que cette mine, considérée en

masse, se trouve dans quelques endroits mélangée de spath calcaire. Les autres expériences qu'il rapporte , et les conséquences qu'il en déduit, ne me paraissent pas aussi exactes : de ce que la mine calcinée était attirable à l'aimant , de ce qu'elle se dissolvait avec facilité, et selon lui, avec une effervescence très-vive dans l'acide nitrique, de ce qu'elle réduisait le minium, et enfin de ce qu'elle pouvait servir à décomposer le cinabre , il en a conclu que le fer était dans cette mine à l'état vraiment métalligne.11 est inutile d'insister sur celte con séquence pour en démontrer la fausseté. L'expérience suivante mérite d'être décrite. Après avoir traité la mine avec de l'acide nitrique, et avoir évaporé à siccité, il lava le résidu, et obtint de la liqueur par l'alcali fixe , une terre blanche que des expériences décisives, dit-il , - lui firent reconnaître pour de la terre calcaire. On verra bientôt les raisons que j'ai pour révoquer en doute ces expériences décisives , ainsi que sa découverte du zinc en quantité très-no-

213 SUR LE FER SPATHIQUE. table dans cette mine. De petits flocons rioirs qu'il avait aperçus dans de l'acide intiriatique qui avait été versé sur. cette mine , lui firent penser que ce métal y existait. Pour s'en con-

vaincre, il fit digérer à froid pendant dix à

douze jours , du sulfate de fer dissout dans une petite quantité d'eau sur du fer spathique cal-

ciné et bien pulvérisé, en ayant soin d'agiter de tems à autre le mélange ; il filtra ensuite et obtint , par l'évaporation et le repos, des cristaux qui lui parurent être du sulfate de zinc. Ce résultat est sans doute fort remarquable; aussi M. Dizé , ( voyez Opuscules de Bayetz

tome 2; Analyse d'une Mine de fer spathi-

que) a-t-il jugé nécessaire de vérifier ce fait sur l'échantillon même qui avait servi à Bayen pour ses expériences. M. Dizé a employé, pour obtenir l'oxyde de zinc , l'action de l'acide nitrique, et l'évaporation précisément de la même façon .que Bayen avait mise en usage pour extraire cette terre calcaire qu'il avait reconnue,

dit-il, par des expériences décisives. L'expé-

rience de M. Dizé fut faite sur 50 grammes : il ob-

tint, par un alcali fixe, 5 grammes d'une substance blanche d'apparence terreuse, qui fut mélangée avec le double en poids de charbon, et distillée dans une cornue de grès. L'appareil refroidi, il se trouva des molécules de zinc sublimées à la voûte de la cornue. Cette expérience est décisive sans doute ; mais la petite quantité de zinc obtenu dans la distillation, ne prouvet-elle pas que le zinc était en très-petite proportion dans la substance terreuse ? Ce soupçon me

paraît confirmé par ce que dit M. Dizé lui-

même, de l'action du prussiate de chaux sur la

03