Annales des Mines (1873, série 7, volume 3) [Image 13]

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PROCÉDÉ DE M. GIBBS.

RÉSIDUS DES PYRITES.

N 0 TE SUR LE PROCEDE DE M. GIBBS POUR L'UTILISATION DES RÉSIDUS DES PYRITES.

Par M. GEORGES LEMOINE, ingénieur des ponts et chaussées.

En étudiant en Angleterre, pendant l'automne dernier, les grandes applications de la science à l'industrie, j'ai eu occasion de visiter une usine dont les méthodes originales m'ont vivement intéressé. Cet établissement, appelé .Bede metal works, est situé à Jarrow, près de Newcastle, sur les bords de la Tyne. L'ingénieur, M. Gibbs, y a résolu, par de véritables procédés de laboratoire, deux problèmes distincts : extraction du cuivre par voie humide ; production du carbonate de soude en partant du sulfate de soude, Mais en passant par l'intermédiaire du sulfure de sodium. L'usine de M. Gibbs a pour but essentiel le traitement des résidus des pyrites qui ont servi, en. brûlant, à la fabrication de l'acide sulfurique. Ces pyrites, surtout celles d'Espagne, contiennent généralement du cuivre qu'il y a avantage à extraire, ce qu'on ne néglige jamais en Angleterre ('). Les résidus, qui peuvent retenir encore 4 p. oo de soufre, sont mêlés à de la pyrite neuve, de manière à amener la teneur en soufre à 5 p. loo. On ajoute 7 p. too

PROCÉDÉ DE M. GIBBS.

RÉSIDUS DES PYRITES.

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de sel gemme, et le mélange, rendu intime, est soumis à un grillage d'une douzaine d'heures, à une température qui atteint à peine le rouge sombre. On emploie un four à réverbère, dont la sole est formée par une table tournante ; une masse animée d'un mouvement de va-etvient remue constamment le mélange. Le soufre, sous l'influence de l'oxygène, .change le chlorure de sodium en sulfate de soude. En traitant par l'eau, on a donc un mélange de dissolutions de sulfate de soude et de chlorure de cuivre. Le résidu insoluble, composé presque exclusivement d'oxyde de fer, est vendu aux forges qui l'emploient avec avantage pour faire le revêtement des fours à puddler.

Il s'agit d'extraire de la dissolution, d'un côté la soude, de l'autre le cuivre ; on va voir que ces deux fabrications ont été rendues solidaires l'une de l'autre. i° Le cuivre s'obtient par une véritable réaction de laboratoire. On le précipite par un courant d'hydrogène sulfuré à l'état de sulfure de cuivre. Le précipité est fondu dans un four à réverbère de manière à le changer en matte cuivreuse, c'est-à-dire en sous-sulfure Cu'S. Cette matte est grillée au four à réverbère : elle y est ensuite soumise à l'affinage au moyen de perches de bois vert. En trois opérations, on a donc obtenu du cuivre malléable et très-pur. 20 Outre le cuivre, les pyrites contiennent ordinairement mi peu d'argent. Pour l'extraire, on met à part la première

portion du précipité, celle qui contient les 5 p. 000 du cuivre total, déterminé par l'analyse (*).- Ce précipité con-

tient tout l'argent : on l'extrait et on le vend à l'état de chlorure d'argent.

5° Revenons maintenant au traitement du sulfate de (*) Le traitement des résidus de pyrite, pour en extraire le cuivre, se fait également par voie sèche, surtout lorsqu'ils con-

tiennent de la silice. On peut aussi employer la méthode de M. Claudet (Annales de chimie et de physique, novembre 1872, page 1107), qu'on peut voir pratiquée dans l'usine dirigée par M. Phillips, Widnes, près de Liverpool.

soude qui était mêlé au chlorure de cuivre dans la liqueur Ces analyses se font au moyen de dissolutions titrées de cyanure de potassium employées à froid, dans des liqueurs ammoniacales.