Annales des Mines (1870, série 6, volume 18) [Image 31]

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NOUVEAU PROCÉDÉ DE TRAITEMENT

DES MINERAIS D'OR ET D'ARGENT.

durée très-longue de favorables sous tous les rapports : l'action de la vapeur d'eau ; forte consommation de comperte notable de mercure; perte très-grande bustible ; sur l'or, et principalement sur l'argent. Les causes de l'insuccès sont évidentes : MM. Gaillardon et Mathey les ont reconnues en même temps que moi. La non-réussite est due principalement à: 10 L'imperfection du mélange des minerais avec les py-

à écarter les causes d'insuccès précédemment reconnues par enx; mais ils n'ont pas pu se procurer un générateur de vapeur d'une grandeur suffisante, et ils ont dû utiliser le four à réverbère primitif, en le modifiant aussi bien que

rites; 2° L'insuffisance de la vapeur et le contact des flammes oxydantes avec les minerais pendant toute la durée de l'action de la vapeur d'eau. J'ai déjà signalé, comme secondaires, plusieurs causes de

perte d'or et d'argent; je dois en indiquer ici encore une autre, l'élévation trop grande de la température pendant le grillage. Dans presque tontes les expériences, on a dépassé le rouge sombre, avec l'espoir d'abréger ainsi l'opération. Non-seulement le résultat désiré n'a pas été obtenu, mais

encore on a de beaucoup augmenté la perte d'argent. La température étant élevée presque au point de fusion de l'argent, la fraction de ce métal, qu'on pouvait amener à l'état métallique par l'action de la vapeur, malgré les conditions déplorables au milieu desquelles l'opération était faite, se

trouvait, dans la matière retirée du four à réverbère, en grains agglomérés ou même complètement fondus. Sous cet état, l'argent ne se dissout dans le mercure qu'avec une extrême lenteur. La même cause a pu influer également sur la faiblesse du rendement en or, dans celles des expériences où l'on a chauffé jusqu'au rouge. SECONDE SÉRIE D'ESSAIS.

Dans les dernières expériences en grand, MM. Gaillardon et IVIathey, dirigeant seuls toutes ces opérations, ont cherché

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cela leur était possible. La modification principale apportée au réverbère a été l'installation de plaques de fonte, au niveau du pont, divisant horizontalement le laboratoire du four, de manière à isoler cornplétement des flammes oxydantes les minerais

chargés sur la sole et soumis à l'action de la vapeur surchauffée. Les minerais étaient alors chauffés seulement par la réverbération des plaques de fonte et il était relativement facile de ne pas dépasser le rouge sombre. L'amalgamation a été faite dans l'appareil le plus usité en Californie, dans un pan, et des précautions convenables ont été prises pour la séparation plus exacte du mercure d'avec les boues. On a expérimenté, dans ces conditions nouvelles, des pyrites aurifères et des minerais d'argent mélangés avec des proportions variables de pyrites aurifères. Pour les pyrites traitées seules, on a obtenu des résultats bien moins défavorables que dans la première série d'expériences: on a retiré des minerais de 8o à 110 p. 100 de l'or indiqué par les essais. L'irrégularitédes résultats a pu être facilement expliquée. La vapeur étant en quantité insuffisante et lancée à une trop forte pression, l'air et les flammes oxydantes ont encore pu pénétrer jusqu'au minerai par les

joints des plaques. Dans toutes les expériences pour lesquelles le rendement a été inférieur à la teneur de l'essai, on a remarqué des flammes bleues à la surface du minerai pendant toute la durée de l'action de la vapeur d'eau, tandis que ces flammes n'ont pas été aperçues dans les expériences qui ont donné de bons rendements. La durée des grillages par la vapeur a été toujours trèslongue : de cinquante-cinq à soixante-douze heures, pour des charges de 5oo à 1,100 kilogrammes. Cette longueur