Annales des Mines (1870, série 6, volume 17) [Image 181]

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PROPRIÉTÉS

DES ACIERS PHOSPHORÉS.

tractée au point de rupture de 0,50 ; une autre (le n° 6) de

des 45 autres barres (le n° 18) est de' 941'"".485 et la Moyenne générale de 51"".696 seulement. La résistance vive de l'acier Heaton, déterminée par voie de flexion transversale, est par suite de beaucoup supérieure à celle des autres aciers, et c'est là ce qui a amené M. Fairbairn à dire que ce métal est spécialement

o,43; et, malgré cela, sur ces six barres, deux se sont rompues, à la traction, avant d'atteindre le maximum de tension élastique, et quatre se sont brisées sans la moindre contraction. On trouve en effet ton.

ton.

Pour le n.2 une tension maximum de 47,27 contre une charge de rupture de 4t,75

--

n° 4

48,56

--

--

46,82

et pour le n° t une contraction de 0 pour lin allongement maximum Sous charge de 0,039

n°2 n°4 n°5


0

0 0

--

--

--

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0,031 0,036 0,091

En outre, même pour les quatre barres dont la charge de rupture est supérieure à la tension élastique maximum, les écarts sont faibles. En prenant les moyennes des six barres, on trouve pour la tension élastique maximum 44t 96 et pour la charge de rupture le chiffre peu supérieur de 45t.52; ou, en kilogrammes, par millimètre quarré, les nombres -706.82 et 7 Oc. 58. Il y a donc là anomalie évidente qui indique, ou un défaut d'homogénéité, 'ou plutôt, comme les aciers fondus sont habituellement homogènes, un manque de corps, une certaine aigreur, malgré la raiide dureté du métal. Une autfe particularité de ces aciers phosphorés est d'être spécialement rigides et élastiques. Ils prennent, sous la pression transversale, une flèche considérable, avant d'arriver à la flexion permanente. Le tableau montre que les flèches des six barres Heaton sont toutes comprises entre les extrêmes 0.61 et 1P°.88 avec une moyenne de ir°.777 tandis que les autres aciers oscillent pour la plupart entre IP.2o

à iP°. ho. Une seule, le n° ii, dépasse la moyenne des barres Heaton et trois barres seulement, sur les !A, Cette forte flexion élastique hausse, par cela même, la

valeur de la résistance vive. La moyenne des six barres Heaton est de 9oP-1",97o, et celle de trois barres dépasse même 100 pieds-livres, tandis que le chiffre le plus élevé

propre à résister à de puissants efforts transversaux. Mais il est évident, d'après ce qui précède, que la résistance vive, donnée par le demi-produit de la flèche par kt charge, ne représente en réalité que le travail de la barre soumise à une charge graduellement croissante et nullement sa résistance aux effets vibratoires d'un choc. Il suit de là qu'un acier rigide, comme celui de M. Heaton, peut très-bien

résister à une forte pression transversale, tout en manquant de corps et en se brisant sous l'action brusque d'un choc.

L'épreuve par simple pression transversale ne suffit donc pas pour juger les aciers au point de vue de l'aigreur du 'métal ; et si néanmoins, dans le cas présent, j'ai pu parvenir à constater le mangue de corps des aciers Heaton, en comparant, avec quelque attention, les résultats des essais ',par flexion aux résultats des épreuves par traction, il n'en est pas moins vrai que ce simple rapprochement pourrait bien ne pas toujours suffire, et que des épreuves directes par le choc, ainsi que cela se pratique pour les rails, à la ,demande des compagnies de chemins de fer, sont indispensables pour constater le plus ou moins d'aigreur ou de corps des métaux. Les tableaux ci-joints permettent aussi de comparer les aciers Bessemer anglais aux aciers fondus ordinaires. On -peut constater d'abord que, sur lès quinze barres d'acier Bessemer essayées, treize sont de l'acier éminemment doux, ou plutôt, en réalité, du fer fondu très-peu carburé, dit fer homogène. Deux barres seulement sont du véritable acier, ,et cet acier même est simplement mi-dur, ce sont le n° 28