Annales des Mines (1869, série 6, volume 16) [Image 303]

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RESSOURCES MINERALES

L'affleurement des roches rouges, très puissant à Piourgas, où il avait une épaisseur variable de 3o à 6o mètres, paraît se rétrécir en-dessous du gros minier, où il n'a guère que 4 à 5 mètres à son entrée. A Piourgas, le plongement de l'amas était de 35 à 40" nord;

DE L'ARIÉGE.

577 15 mètres de large et près de 50 mètres de long, qui révèlent des

travaux anciens très-considérables sur un filon transverse des couches. Plus bas le gros affleurement de roches ferrifères des clausels et de la couine d'Yoms, paraît se rétrécir et se réduire à

au gros minier, il est au sud de 45 à 600; le travail se compose d'une petite descenderie suivie d'un grand trou, formé de trois

30 ou 40 mètres sur le chemin horizontal qui conduit de Larcat à

vides successifs allant par-dessous le Piourgas; sur ces trois vides, le premier a de 2 à 3 mètres de haut, et les deux autres près de 10 mètres; la largeur de chacun est de Io à i5 mètres; ils sont séparés par des étranglements de roches rouges et ont une longueur totale

A quelques mètres en aval, à la base du gros affleurement ferrifère, vers 40 mètres au nord-est du petit hameau de la Gardelle, est dans les champs cultivés l'entrée actuellement inaccessible du minier de la Gardelle, qui aurait été d'après la tradition et d'après les excavations superficielles, un des plus abondants en minerai, et le dernier abandonné par les anciens exploitants. Les anciens mineurs du pays s'aecordent à dire qu'il contient encore des mas-

de 120 mètres ; les fronts sont en roche rouge et fer micacé, les éboulis sont au sol. Au-dessous, l'affleurement de roche rouge, se bifurque en deux branches qui ne tardent pas à devenir très-puissantes; celle de gauche, où on remarque quelques trous superficiels, disparaît bientôt; celle de droite ou septentrionale, descend en s'élargissant jusqu'à prendre plus de 100 mètres de large et présente un peu plus bas, à environ 5o mètres au-dessus de Larcat, les vieux miniers du quartier de Clausels.

Ces anciens miniers se rapportent à une époque très-reculée, dont la tradition n'a conservé presque aucun souvenir. L'ensemble

est en forme de grand plateau légèrement incliné, recoupé de vastes dépressions au milieu desquelles surgissent des rocs de calcaire ferrifère; elles ont été produites vraisemblablement par des travaux souterrains écrasés et leur étendue paraît démontrer que ces travaux étaient distribués sur près de ioo mètres de large et une longueur à peu près égale. Vers le haut de cette région sont les deux anciens puits dits de la Barraque et du Ferrier, de profondeur inconnue; vers le bas sont deux à trois vides qui portent le nom de Clausels ; l'un à 20 mètres de long est encore accessible, les éboulis sont au front et au sol ; la largeur est de lm,20 égale à celui du filon exploité, qui paraissait plonger sud de 550. A 5 ou 6 mètres plus bas est une autre excavation de 5 mètres de

long sur 2 à 3 mètres de large avec éboulis au front et au sol. Dans le voisinage immédiat et un peu plus au nord, est un autre grand vide inaccessible. Dans toute cette région au milieu des roches ferrifères apparaissent encore quelques petits affleurements de minerai de 0,20 à °Vu) parfois noirs et riches en manganèse. A 40 mètres plus bas et à peu près au niveau du village de Larcat est le ravin de la couine d'Yoms qui se détache du gros affleurement des Clausels, pour monter un peu du côté du nord suivant la direction sud-nord, perpendiculaire aux gisements principaux. Ce ravin présente de grands effondrements inaccessibles sur 10 à

Aulos.

sifs inexploités.

Vers 1838 ont été ouvertes deux galeries placées à peu près au

même niveau ; dans l'une on a rencontré du minerai en place, d'assez bonne qualité, et des éboulis d'anciens.travaux au milieu desquels se trouvent quelques blocs de minerai; l'autre est une vieille galerie qui avait été remblayée par les anciens mineurs et que l'on suppose avoir servi de galerie d'extraction ; elle est entièrement comprise entre des gros blocs de calcaire. Un peu plus bas est l'entrée de l'ancien minier du camp de Latour analogue à la Gardelle. En dessous du village de Larcat, sont les quartiers de Tonnai, des Vignes et de la Costesec, où on remarque quatorze anciens miniers perdus sons les terres cultivées. La mine de Tonnai présente des vides parfaitement conservés à cause de la solidité des roches encaissantes, et on y distingue deux étages de travaux; le plus haut est un grand trou dirigé est-ouest, irrégulier de 20 à 25 mètres de long sur 10 à 15 mètres de large, et /Là 5 mètres de haut; l'amas plongeait au nord; le minerai paraît avoir été complètement enlevé, le front stérile est en roche rouge, les éboulis sont au sol et cachent l'étage inférieur. Les affleurements spathiques et rouges ferrifères sont à ce niveau très -irréguliers et beaucoup moins puissants qu'au-dessus du village de Larcat; la bande calcaire elle-même, qui renferme tous ces amas minéraux se réduit ; tandis qu'elle avait au niveau des Clausels près de 600 mètres de large, elle n'a guère à Tonnai que 200 mètres et plus bas à la rivière d'Aston, à peine 150 mètres. La mine de Tonnai, quoique placée à une grande hauteur audessus du fond du vallon de Larcat, passe pour la plus inférieure de celles qui ont été autrefois exploitées. Il existe pourtant des