Annales des Mines (1869, série 6, volume 16) [Image 159]

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PROCÉDÉS NOUVEAUX DE FAK,ICATION

DE FONTE, FER ET ACIER.

deux parties, comme celui de la Rarnade une cuve fixe et un creuset mobile, destiné aux loupes. Le bas de la cuve se termine .par un ouvrage rétréci, à parois de fonte convenablement refroidies comme les tuyères à eau. Le gueulard du four est fermé et en communication avec un ventilateur aspirant. Le creuset mobile se place à quelques centimètres au-dessous

est en graphite, comme celle du four à acier du commandant Alexandre. C'est un mélange battu de graphite ordinaire et de 3o p. 1 oo d'argile réfractaire. M. Ponsard se proposait d'abord d'opérer la réduction du minerai et la carburation du fer dans les moufles mêmes dont je viens de parler. On les remplissait d'un mélange d'oxydes riches et de charbon , en excès. Tout allait bien tant que le four n'était pas trop

de l'ouvrage fixe. C'est par l'espace annulaire, laissé libre entre deux, que l'air aspiré pénètre dans le four et y déve-

chaud. La réduction s'y faisait comme dans l'appareil Chenot. Mais lorsqu'on élève la température jusqu'au point

loppe la chaleur nécessaire au traitement du fer. Le minerai, chargé à la façon ordinaire avec du coke, devait se réduire

dans la cuve et entrer en fusion à l'entrée de l'ouvrage. L'inventeur espérait que les gouttes de fonte s'affineraient, sous l'influence de l'air aspiré, pendant leur rapide chute au travers de l'ouvrage, et arriveraient finalement dans le creuset sous forme de grumeaux de fer décarburé. Les défauts du système sautent aux yeux ; il me paraît superflu de les signaler. J'ajouterai seulement que, lors de sa mise en train, on a produit plus de scories que de fer et que tout l'appareil fut bientôt engorgé. 6. Essais de M. Ponsard. Les travaux de MM. Martin et Siemens, sur la fabrication de l'acier fondu au réverbère, à l'aide de minerai plus ou moins réduit, ont conduit M. Ponsard, l'ancien directeur des usines de Follonica et Piombino, à tenter, au réverbère même, la réduction du minerai et sa transformation en fonte ou acier. Les essais se font, depuis quelques mois, à Paris, avenue de Suffren, aux abords du champ de Mars. M. Ponsard se sert du four Siemens. Au

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de fusion de la fonte, alors le minerai, à demi réduit, se transforme en silicates et corrode les moufles. L'opération ne peut plus alors être continue, puisque, une fois en

marche, il faut bien que le four soit toujours chauffé à blanc'

pour la fusion de la fonte. Il fallut donc installer un four spécial pour la réduction ; ce sont des cornues verticales, système Chenot, d'où le minerai, transformé en éponges à

demi réduites, passe avec une nouvelle dose de charbon dans les moufles du four de fusion. Si les éponges étaient

complétement réduites, les tubes seraient en réalité de simples récipients pour les matières à fondre, et au fond, on pourrait alors s'en passer. Il suffirait, dans ce cas, de charger les éponges carburées sur les banquettes ellesmêmes, sauf à maintenir l'atmosphère du four constamment neutre ou légèrement réductive. Mais comme la température est peu élevée dans le four de réduction, il reste toujours un peu d'oxyde mêlé au métal.

centre du réverbère se trouve un bassin pour la fonte; à

Il faut donc conserver les tubes dans le four de fusion, et ajouter encore du charbon au minerai partiellement réduit.

droite et à gauche, deux banquettes, légèrement inclinées vers le bassin central, supportent des moufles ou creusets verticaux, destinés au minerai. Les tubes traversent la voûte du four et se chargent par le haut, comme les cornues inclinées

et même de la fonte grise, lorsque la température est suffisamment élevée et la dose de charbon (anthracite) d'environ 15 p. ioo. Cette fonte est peu chargée en matières étrangères

de M. Siemens. On les maintient constamment pleins. Vers le bas,un orifice latéral donne écoulement aux niatièresfondues, qui de là se rendent directement dans le bassin central. La sole

Dans ces conditions, on obtient sans peine de la fonte blanche,

et peut se puddler facilement. Elle pourrait même être transformée en acier fondu, soit directement en carburant moins dans les tubes, soit par réaction, selon la méthode