Annales des Mines (1869, série 6, volume 15) [Image 105]

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NÉCROLOGIE. NÉGR0f0G1E.

Des vingt-six années pendant lesquelles Rivot a appartenu au corps des mines, il n'en est pas une seule qui ne soit marquée par un ou plusieurs mémoires publiés soit dans les Annales des mines, soit dans les Annales de pied. sique et de chimie ; les uns se rapportent à la métallurgie, à la description et à l'exploitation des gîtes métalliques et

à la préparation mécanique des minerais, les autres à la chimie analytique. Les premiers contiennent un grand

nombre d'observations neuves et d'une grande

préci-

sion, recueillies dans ses nombreux voyages en France, en Allemagne, en Hongrie et en Amérique, sur les bords du lac Supérieur que Rivot a visités deux fois.- Presque tous sont restés classiques. Je me borne à citer sa description de la préparation mécanique des minerais de plomb dans le Harz supérieur et son travail approfondi sur les filons métalliques de Vialas, dans la Lozère, et du Rouvergue,

dans le Gard. Dans ce dernier travail Rivot a donné une classification complète des filons de plomb et d'argent de la contrée, la description des croisements et signalé les différences de composition, de richesse en plomb et en argent qui sont en rapport avec les directions des filons. Les études faites à Vialas l'ont conduit à la découverte des

filons du Rouvergue qui font partie du même système; ainsi a été confirmée à posteriori l'exactitude de ses premières observations et des conséquences pratiques qu'il en avait habilement déduites. Les nouveaux procédés de dosage donnés par Rivot dans ses mémoires de chimie sont aujourd'hui d'un usage général dans tous les laboratoires où l'on s'occupe d'analyses de substances minérales.

De 186i à 1866, Rivot a publié un traité complet de docimasie en quatre volumes; il avait antérieurement donné,

en 1856 et 186o, deux volumes sur la métallurgie du cui-

vre, du plomb et de l'argent. Il poursuivait depuis plusieurs années des recherches

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sur un nouveau mode de traitement des minerais d'or et d'argent d'Amérique. Après de nombreuses analyses des minerais de Californie et du Mexique, il était arrivé à créer une méthode complète, dont le point de départ est l'emploi

de la vapeur d'eau. Il avait combiné les dispositions des fours de grillage et des appareils d'amalgamation de l'argent amené à l'état métallique par l'action de la vapeur. Des essais en grand avaient été faits en Californie et, malgré l'inexpérience des personnes chargées d'y procéder, le succès avait été complet. Dans l'opération en grand, comme . dans le laboratoire, on avait obtenu la totalité des métaux précieux accusés par l'essai en petit de minerais d'un composition très-complexe et rebelles à tous les procédés pratiqués auparavant. Dans l'été de 1868, Rivet avait écrit

la plus grande partie d'un mémoire sur ce sujet ; il avait même apporté à sa méthode un dernier perfectionnement, qui la rendait économiquement applicable à des minerais d'une teneur très-peu élevée. L'invasion de la maladie qui vient d'avoir une issue funeste, a interrompu la rédaction de ce mémoire. Espérons que, grâces aux collègues et aux aides de Rivot, ce travail ne sera pas perdu pour la science et pour l'industrie. La maladie a également interrompu des expériences d'un grand intérêt qu'il avait commencées sur la formation artificielle des minéraux cristallisés et pour lesquelles il avait fait établir des appareils destinés à reproduire les circonstances probables de milieu, de température et de pression qui auraient accompagné les dépôts de minéraux dans les filons.

Pivot réunissait à un degré éminent les aptitudes de l'ingénieur à l'érudition du savant circonspect et consciencieux. Sur le terrain de la science pure, comme sur celui de la pratique, il avançait lentement, mais sûrement, appuyé sur des observations exactes, des expériences mul-

tipliées. Il ne se prononçait et n'agissait qu'après avoir éclairé tous les doutes, levé toutes les objections que son