Annales des Mines (1865, série 6, volume 8) [Image 237]

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IlEYVE DE GÉOLOGIE.

veloppé : son terme le plus constant est l'assise n qui a souvent° plus de 000 mètres. La teinte des couches est claire : il est difficile de les distinguer des calcaires à rudistes, sur lesquels ils reposent fréquemment sans intermédiaire. Les calcaires n' 5 sont de couleur claire, en bancs épais, et contiennent de la silice, qui leur donne beaucoup de dureté. On y trouve les espèces suivantes : Nummulites distans , N. granulosa, N. perforata, N. striata, N. irregularis, N. Murchisoni. Quant aux conglomérats de l'assise n° 6, ils sont formés de nummulites et de fragments de calcaire. Leur ciment est marno-sableux, On y trouve : nummulites Lucasana, N. granulosa, N. exponens.

Limite de l'éocène et du miocène; oligocène. La division du terrain tertiaire en trois étages : éocène, miocène

et pliocène, proposée par sir Charles Lyell et acceptée pendant longtemps par les géologues, répond-elle à l'état actuel de nos connaissances? Telle est la question qui, depuis quelques années, préoccupe divers savants, notamment M. Be yric h, qui, dès ISM, a cru devoir créer un étage nouveau, intermédiaire entre l'éocène et le miocène, et auquel il a donné le nom d'oligocène. L'un de ses principaux arguments était la difficulté qu'on éprouve

à classer les sables de Fontainebleau dans les étages de Sir Charles Ly ell; ces sables, bien connus depuis le travail de M. D esh ay es sur les mollusques tertiaires, contiennent une faune tout à fait spéciale, qu'on retrouve en Belgique et en Allemagne;

Cil outre, les espaces occupés par cette faune sont sans rapport avec ceux que recouvrent les formations éocènes et miocènes. En-

fin, l'intercalation des sables de formation marine entre deux étages lacustres, le gypse et le calcaire de la Beauce, semble indiquer une période géologique bien tranchée, marquée à son commencement et à sa fin par des changements considérables. Deshay es a lui-même reconnu, en 1857, que la faune des sables de Fontainebleau présentait peu d'espèces du calcaire grossier; et différait encore davantage de celle des faluns de la Touraine, de sorte qu'il paraissait disposé à admettre l'existence d'un

ci quatrième membre » du terrain tertiaire. [f ii

C'est ce quatrième membre que M. Bey ri ch a introduit sous le nom d'oligocène. Et, de la comparaison du bassin de Mayence avec celui de Paris et les formations tertiaires de Belgique, il a conclu que l'étage oligocène pouvait être divisé en trois assises :

449 3. Oligocène supérieur (calcaire de la Beauce; système itupélien de Dumont). moyen (sables de Fontainebleau; Tongrien supérieur; lignites do Mayence).

inférieur (gypse de Montmartre; système Tongrien inférieur).

Les vues de M. Beyric h ont été adoptées par plusieurs géologues, et notamment par M. de K ô nen (I), qui a publié une comparaison des dépôts oligocènes de la Belgique, du nord de l'Allemagne et du sud de l'Angleterre.

Ce géologue classe les couches de Brockenhurst et la série d'Ileadon dans l'oligocène inférieur ; et l'argile à Septaria, de l'o-

ligocène moyen de Belgique, lui paraît représentée, dans l'île de Wight, par la série de Hempstead, contemporaine des sables de Fontainebleau.

On a, vu aussi plus haut que l'étage oligocène avait été introduit

par M. Sandberger dans sa classification des terrains tertiaires supérieurs.

Toutefois, Sir Charles Lyell (o) n'a pas cru devoir adopter la nouvelle classification de MM. Bey ri ch et de Kô nen ; voici comment il s'exprime à ce sujet dans la nouvelle édition de ses éléments:

« Après mûre considération, il inc paraît que ce qu'il y a de mieux à faire est de s'en tenir à la classification adoptée depuis longtemps par tant de géologues, et qui place le gypse de Mont. martre au sommet de l'étage éocène; et si l'on arrive à démontrer qu'une partie du Tongrien de Dumont, ou des couches d'Allemagne classées par M. Bey r i ch dans l'oligocène inférieur, est strictement contemporaine du gypse de Paris ou des couches de Bembridge dans Pile de Wight, alors il conviendra de la séparer du miocène inférieur pour la réunir à l'éocène supérieur. Quant à présent la ligne de démarcation entre ces deux formations ;quelque

part qu'on la trace, ne peut manquer d'être arbitraire. n

Miocène. Faune.

Le P. Sauna Solar o (5) a découvert dans le miocène sous-pyrénéen d'Escanecrabe, dans la Haute-Garonne, un bassin de Dinotherium, c'est-à-dire une portion jusqu'alors inconnue de cet Cl) Geolog, Society, 1604, 97.

Elements «f Geology, 214. L'Institut, 1804; 319.