Annales des Mines (1862, série 6, volume 2) [Image 304]

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EXTRAITS DE GÉOLOGIE POUR L'ANNÉE 1861.

TERRAINS.

Si l'on part d.t.1 terrain paléozoïque on trouve qu'en Australie, de même que clans le pays de Galles, dans la Suède, dans l'Amérique du nord les roches azoïques sont recouvertes par une série de roches fossilifères contenant les animaux qui sont regardés comme la première manifestation de la vie à la surface du globe. Ainsi dans

encore rencontré les lépidodendron ni les sigillaria qui sont des plantes si caractérisques du terrain houiller. De plus on a trouvé récemment à Wollumbilla des bélemnites, des pentacrinites, des serpules, des limes, des arches, des nucules, des rhynconelles qui paraissent appartenir, soit au terrain jurassique inférieur, soit

les schistes au nord de Melbourne M. M'Co y a trouvé le genre diplograpsus qui est caractéristique du silurien inférieur et ses espèces sont identiques à celles de l'hémisphère nord. Il a trouvé également les genres phyllograpsus (Hall), didymograpsus et un grand nombre d'autres graptolithes. Ce qu'il y a de plus extraordinaire, c'est que ces diverses graptolithes sont accompagnées par un petit brachiopode, siphonotetra micula , qui est aussi trèsabondant dans le Radnorshire. Passons maintenant au silurien supérieur : le phacops (odontochile) longicaudatus, qui est si fréquent dans les schistes de Wenlock, se rencontre aussi à Bradhurst

au trias. M. Clarke en a signalé également (1). D'après cela

Creek dans Victoria et l'orthoceras bullatum des schistes de Ludlow (Ling le pays de Galles se montre à Melbourne même. La compa-

raison des fossiles siluriens dans l'hémisphère nord et dans l'hé,misphère sud met donc en évidence ce fait extrêmement remarquable que la faune marine du monde entier était composée des mêmes espèces pendant la période paléozoïque la plus ancienne; une certaine identité se maintient même. jusque dans le silurien supérieur. Des conclusions semblables avaient déjà été émises par plusieurs paléontologistes et notamment par M. Barr an de. Pour la période paléozoïque supérieure MM. Morris, Dans, M'Co y ont observé une ressemblance générale entre le carbonifère inférieur de l'ancien monde et les roches qui sont recouvertes par la houille dans la Nouvelle-Galles ou dans la Tasmanie. Les graptolithes, les trilobites, les coraux et les mollusques caractéristiques du silurien sont complètement éteints ; on voit apparaître Phillipsia Brachymetopus et Bairdia qui caractérisent le carbonifère d'Angleterre et de Russie, et en même temps se montrent parmi les plantes les lépidodendron. M. M'C o y conclut de ses observations que la première végétation terrestre, dans l'un comme dans l'autre hémisphère, s'est développée sur le même type et vers le même temps, c'est-à-dire à la fin de la période paléozoïque. L'existence de terrains mésozoïques en Australie avait jusqu'à présent été contestée parce qu'elle avait été admise seulement d'après les plantes fossiles. Mais des études récentes Viennent de la confirmer: car les couches de houille rapportées au terrain mésozoïque contiennent des glossopteris, phyllotheca, pecopteris australis et plusieurs espèces de zamites; tandis qu'on n'y a pas

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M. M'Co y pense qu'en Australie la faune marine et la flore terrestre ont subi des changements analogues à ceux qu'on observe pendant l'époque mésozoïque dans l'Inde, dans le Yorkshire, dans l'Allemagne et dans l'Amérique.

Maintenant, relativement à la période tertiaire, M. M'e oy remarque que la flore tertiaire de Victoria est dicotylédone et entièrement différente de celle de la période mésozoïque. Quant à la faune, dans l'Australie, de même que dans la Nouvelle-Zélande, dans l'Inde, dans l'Amérique septentrionale et méridionale, les animaux qui la représentent ont généralement été précédés par des types gigantesques analogues à ceux qui se trouvent dans le tertiaire le plus récent ou dans le pleistocène. Ainsi dans la NouvelleZélande l'apteryx a été précédé par le moa ou le dinornis; dans l'Amérique du Sud les petits paresseux existant actuellement ont été précédés par le megatherium et le mylodon ; de même dans l'Australie, le wombat et le kanguroo ont été précédés par Je diprotodon

et par le nototherium dont les os se retrouvent comme ceux du cervus megaceros de l'Irlande dans les lacs ou dans les marais pleistocènes. Avec ces mêmes os, on en a rencontré dans les cavernes du mont Macédonien qui appartiennent à des espèces vivant encore actuellement, telles que l'hypsiprymnus, l'hydromys, le dasyure, et même le canis Dingo. La présence de ce dernier animal est surtout très-remarquable; car, pour plusieurs zoologistes, c'est le chien à l'état sauvage, et ses os ont été trouvés sous une coulée de basalte avec ceux d'espèces éteintes. M. M'C o y a ob-

servé aussi des débris de wombat vivant (phascolomys) dans une couche ferrugineuse et aurifère qui est fortement cimentée; par conséquent le drift de Victoria dans lequel l'or est exploité appartient, comme celui de Russie, au crag avec mammifères de l'Angleterre. La faune marine tertiaire de Victoria est aussi trèsintéressante; elle présente surtout une série très-remarquable de volutes qui sont identiques à celles de l'argile éocène du Hampshire et des couches miocènes de Paris et de Vienne; la ressem(t) On, the ancient and recent natural history of Victoria, by F. 1W Oy. CatalOgùo of the Victoria° Exhibition 1861.