Annales des Mines (1853, série 5, volume 4) [Image 28]

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SUR LES CHALEURS SPÉCIFIQUES

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40 Les chaleurs latentes de ces vapeurs sous diverses pressions, depuis les pressions les plus faibles jusqu'à celles de 8 à io atmosphères ; 50 Les chaleurs latentes de vaporisation des mêmes substances dans les gaz ; 6° Les chaleurs spécifiques des gaz permanents et des vapeurs sous différentes pressions; 7° Les quantités de chaleur absorbées ou dégagées par la compression et la dilatation des gaz, soit lorsque cette dilatation s'effectue dans un espace dont la capacité augmente, soit lorsqu'elle a lieu au passage d'une ouverture capillaire en mince paroi ou par un long tube capillaire ;

8° Les quantités de chaleur absorbées par le gaz quand il produit, pendant sa détente, un travail moteur qui se consomme entièrement dans l'intérieur du calo-

rimètre, ou dont la plus grande partie est utilisée au dehors ;

90 Enfin, les densités des vapeurs à saturation sous diverses pressions. Les expériences qui se rapportent à ces diverses questions, en exceptant la dernière., sont aujourd'hui à peu près terminées. Mais, comme il me faudra encore beaucoup de temps pour les mettre en ordre et les discuter avec le soin convenable, je me propose d'en présenter successivement les résultats généraux à l'Académie, en attendant que je puisse les publier dans leur ensemble. Je l'entretiendrai aujourd'hui de mes recherches sur les capacités calorifiques des fluides élastiques. Capacités calorifiques des fluides élastiques.

On peut définir la chaleur spécifique des fluides élastiques de deux manières différentes : dans la première, on appelle chaleur spécifique du fluide élastique la quan-

pEs FLUIDES ÉLASTIQUES.

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tité de chaleur qu'il faut communiquer à un gaz pour élever sa température de o à i degré, en le laissant se dilater librement, de manière à conserver une élasticité constante ; dans la seconde, c'est la quantité de chaleur qu'il faut lui donner pour élever sa température de o degré, en le forçant à conserver le même volume, sa force élastique augmentant. La première de ces capacites a été appelée chaleur spécifique du gaz sous pression çoustaute ; la seconde a été nommée chaleur spécifique sous volume constant.

La première définition coïncide seule avec celle que l'on a admise pour la capacité calorifique des corps solides et liquides ; c'est aussi la seule qui s'est prêtée jusqu'ici à une détermination expérimentale directe.

Un grand nombre de physiciens se sont occupés, depuis un siècle , de la recherche des chaleurs spécifiques des fluides élastiques. Crawford , Lavoisier et Laplace, Dalton, Clément et Désormes , Delaroche et Bérard, llaycrafft , Gay-Lussac, Dulong, de la Rive et Marcet , ont successivement publié .des recherches sur ce sujet. La plupart de ces physiciens ont cherché à dé-

montrer par l'expérience certaines lois auxquelles ils étaient amenés par les idées qu'ils s'étaient formées à priori sur la constitution des fluides élastiques. Ils se sont moins appliqués à déterminer les valeurs numériques des capacités calorifiques des différents gaz par rapport à celle de l'eau liquide généralement admise comme unité, qu'à chercher des relations simples qu'ils supposaient devoir exister entre elles. Les conclusions auxquelles ils sont arrivés sont en général très-erronées. Le travail de Delaroche et Bérard, qui fut couronné en 1813 par l'Académie, est encore aujourd'hui le plus

complet sur cette matière, et celui dont les résultats s'éloignent le moins de la vérité. Cette supériorité tient