Annales des Mines (1853, série 5, volume 3) [Image 268]

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MÉTHODE NOUVELLE

vide au moment où la charge suivante va sortir de la troisième section. Le refroidissement du ligneux y est opéré par de l'air froid circulant autour de l'enveloppe en tôle mince qui forme cette partie de la galerie : dans ce système, la chaleur sensible du ligneux se transmet donc successivement à l' air contenu dans l'enceinte, à la

tôle, puis à l'air extérieur. Ce dernier s'échauffe progressivement en circulant en spirale depuis l'extrémité de la galerie jusqu'à la porte placée entre les quatrième et troisième sections ; il se rend ensuite par un conduit spécial dans la deuxième section, où il concourt, comme on l'a indiqué ci-dessus, à la dessiccation préalable. En résumé, le bois introduit froid et humide par l'une des extrémités de la galerie en sort à l'extrémité opposée, converti en ligneux, à une température peu supérieure à celle de l'atmosphère ; les rails sur lesquels s'opèrent les déplacements successifs de chaque charge sont assez inclinés pour que le mouvement se produise par la seule influence de la gravité. Les agents de la dessiccation et du refroidissement, c'est-à-dire les flammes et l'air froid, parcourent la galerie suivant une direction opposée à celle qui est imprimée au bois : admis aux ex-

trémités de la troisième et de la quatrième section, tous ces gaz, plus ou moins refroidis, sortent ensemble à l'extrémité de la galerie, où l'on peut supposer, pour fixer les idées, qu'ils sont appelés par un ventilateur. Quant à l'eau hygrométrique , admise dans la galerie avec le bois lui-même , elle en sort sous deux états différents : la partie gazéifiée dans la première et dans la deuxième section reste en dissolution dans le mélange d'air et de gaz qui a produit la dessiccation ; la partie gazéifiée dans la troisième section se con dense dans

les tuyaux des deux sections précédentes et forme une source d'eau distillée liquide à i oo° C. , qui pourra, en

POUR LA FABRICATION DU FER.

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plusieurs cas, recevoir une destination utile ; elle conviendra spécialement à l'alimentation des chaudières. La galerie est fermée à ses extrémités, et subdivisée aux trois points de jonction des diverses sections par des portes mobiles, au moyen desquelles on interrompt ou rétablit à volonté, soit la communication des sections extrêmes avec l'atmosphère, soit la communication mutuelle des sections contiguës.

On ne pourra déterminer qu'après une suite d'essais les détails de construction d'un appareil fondé sur ces principes. Pour aider autant qu'il dépend de moi

aux premiers essais qui pourront être entrepris, j'ai esquissé, sur les fig. 7 à 15 de la Pl. VIII, un projet de galerie à ligneux destiné à une forge où l'on produirait annuellement io.000 tonnes de fer. Dans le même but, je crois utile de présenter ici quelques données approximatives : les unes admises à priori, et qu'il semble, en effet, convenable d'adopter dans la pratique ; les autres déduites par le calcul de ces données premières et des conditions dans lesquelles l'appareil est établi Le constructeur pourrait d'abord prendre ces données. comme

point de départ de ses recherches, en attendant que l'expérience ait fourni sur cette fabrication nouvelle des résultats plus positifs.

Pour procéder du simple au composé, j'ai d'abord calculé les divers éléments de la galerie, en admettant qu'on emploie pour chauffer cet appareil un foyer spécial consommant une partie du ligneux produit dans l'appareil même. J'admets d'ailleurs que le bois à dessécher tienne pour 1,00 de ligneux o,A.o d'eau hygrométrique. Je suppose aussi que tous les éléments combustibles du bois soient brûlés d'une. manière complète en présence d'une quantité d'air admise, comme le bois lui-