Annales des Mines (1850, série 4, volume 17) [Image 96]

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FABRICATION DU COKE

service, il vaut mieux souvent y mettre un prix très-élevé : c'est ce qu'ont fait quelques chemins de fer en achetant des cokes anglais, lorsqu'ils pouvaient avoir, à des prix beaucoup plus faibles, des cokes de France ou de Belgique.

La différence de prix était trop considérable pour que le chemin de fer du Nord suivît cet exemple ; il ne pouvait guère songer à consommer du coke anglais qui lui eût coûté plus de 5o francs

la tonne, lorsqu'il avait sous la main du coke qui ne lui revenait pas à 3o fr.; de plus, il est de son intérêt que les autres chemins français tirent leur coke de la Belgique; car il a déjà nécessairement une partie des transports, et la régularité qu'il y apporte , l'avantage qu'il procure d'éviter des approvisionnements considérables, qui causent un

déchet notable et une perte sensible, lui donnent l'espoir justement fondé d'enlever à la navigation une grande partie de ceux qu'elle fait aujourd'hui. Ces circonstances déterminèrent l'administra-

tion du chemin du Nord à rechercher quelles améliorations on pourrait obtenir dans la fabrica-

tion du coke avec les houilles belges. A quelle cause fallait-il attribuer la grande supériorité du Coke anglais? S'il n'était point possible d'atteindre sa qualité, pouvait-on espérer du moins en appro-

cher? Telle est la question dont j'ai entrepris l'étude, guidé par les conseils des ingénieurs du chemin de fer du Nord. Les essais ont porte principalement sur les houilles de l'Agrappe, ils ont été faits en grand ; le coke dont on voulait constater la qualité , s'employait exclusivement pendant plusieurs jours sur

POUR LES LOCOMOTIVES.

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la partie de la ligne comprise entre Amiens et Paris ; l'examen des rapports des mécaniciens et

des ingénieurs qui suivaient leg expériences per-

mettait de comparer entre elles les différentes qualités. Ce n'est point en faisant un ou deux voyages seulement qu'on peut bien apprécier la qualité du coke, à moins qu'il ne soit très-bon ou trèsmauvais ; encore moins peut-on déterminer avec précision la consommation par kilomètre

parcouru; car rien n"est plus variable que ce chiffre, suivant la charge du train , le conducteur

de la machine, l'état de celle-ci, les conditions atmosphériques et mille autres circonstances dont on ne peut calculer la part d'influence. Les essais, tels qu'ils ont été dirigés, pouvaient

seuls permettre d'établir une comparaison entre les cokes de diverses natures, et c'est en prenant la consommation moyenne. de chaque mois , la comparant à celle du mois correspondant de l'année précédente, qu'on a été certain d'une diminution dans la consommation. Cette diminution dans la consommation et, par suite, l'accroissement du pouvoir calorifique ainsi que les atitrà améliorations apportées à la. qualité du coke, proviennent spécialement de ce qu'on a rendu plus propres les houilles employées à la fabrication. La qualité du coke dépend évidemment de trois choses : t° la nature de là houille; 2° sa propreté; 3° le mode de fabrication. Toutes. les houilles ne conviennent pas pour la fabrication du coke , et parmi celles qui servent à cet usage, il y en a de plus ou moins bonnes ; il est clair que la nature di i charbon influe sur la qualité du coke; que la première condition est d'avoir des houilles d'une